Aux États-Unis, l'obésité plafonne à 40%, mais sa forme la plus sévère, elle, continue de grimper
L’obésité n’a cessé de grimper chez les adultes américains. Les derniers relevés dessinent pourtant un palier, sauf pour ses formes les plus graves.
Aux États-Unis, en 2026, près de 40 % de la population adulte souffre d’obésité, un chiffre qui semble se stabiliser depuis plusieurs années. L’obésité est définie médicalement par un indice de masse corporelle (IMC) égal ou supérieur à 30. L’IMC se calcule en divisant le poids (en kilogrammes) par le carré de la taille (en mètres). Par exemple, une personne mesurant 1,70 mètre et pesant 87 kilogrammes a un IMC de 30. Cette pathologie est associée à un risque accru de maladies chroniques comme le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires ou certains cancers. Malgré cette stabilisation globale, les autorités sanitaires américaines observent une tendance inquiétante : la forme la plus sévère de l’obésité, appelée obésité morbide ou de classe III, continue d’augmenter. Cette catégorie correspond à un IMC supérieur ou égal à 40, ce qui signifie qu’une personne de 1,70 mètre pèse au moins 116 kilogrammes. Cette évolution suggère que les mesures de prévention actuelles, bien qu’efficaces pour limiter l’expansion générale de l’obésité, ne suffisent pas à endiguer les cas les plus graves.
L’obésité de classe III, ou morbide, représente désormais une part croissante des cas d’obésité aux États-Unis. Selon les dernières données disponibles, cette forme sévère touche désormais environ 10 % de la population adulte américaine, contre 6 % il y a dix ans. Les experts s’alarment de cette progression, car l’obésité morbide est associée à des complications médicales bien plus graves : risques accrus de décès prématurés, de handicaps physiques, de troubles respiratoires comme l’apnée du sommeil, ou encore de complications métaboliques sévères. Les causes de cette augmentation sont multiples et complexes. Elles incluent des facteurs environnementaux comme l’accès facilité à une alimentation riche en calories et pauvre en nutriments, des modes de vie sédentaires, mais aussi des inégalités sociales et économiques qui limitent l’accès à une alimentation saine ou à des soins adaptés. Les chercheurs soulignent également l’impact des perturbateurs endocriniens, des médicaments ou encore de facteurs génétiques, bien que ces derniers jouent un rôle moins déterminant que les facteurs environnementaux.
L’augmentation de l’obésité morbide aux États-Unis a des répercussions majeures sur le système de santé. Les personnes concernées nécessitent souvent des interventions médicales coûteuses, comme des chirurgies bariatriques (réduction de l’estomac), des traitements contre le diabète ou des hospitalisations répétées pour des complications liées à leur poids. Selon les estimations, le coût annuel de l’obésité pour l’économie américaine dépasse les 147 milliards de dollars, dont une part significative est attribuable aux formes les plus sévères. Au-delà des dépenses directes, cette épidémie pèse sur la productivité des individus et la qualité de vie des familles. Les inégalités d’accès aux soins aggravent encore cette situation, les populations défavorisées étant surreprésentées parmi les cas d’obésité sévère. Les autorités sanitaires américaines appellent à une intensification des politiques de prévention, notamment en ciblant les populations les plus vulnérables, mais les résultats tardent à se concrétiser.
Face à cette situation, les États-Unis ont mis en place plusieurs mesures pour lutter contre l’obésité, comme des campagnes de sensibilisation, des taxes sur les boissons sucrées ou des recommandations nutritionnelles. Cependant, ces initiatives peinent à inverser la tendance pour les formes les plus sévères. Une étude récente souligne que les politiques actuelles, bien qu’utiles, ne sont pas suffisamment ciblées sur les populations à risque. Par exemple, les programmes de prévention dans les écoles ou les incitations fiscales pour les aliments sains n’atteignent pas toujours les adultes les plus exposés à l’obésité morbide. Les experts recommandent une approche plus globale, combinant éducation nutritionnelle, accès facilité aux soins, régulation de l’industrie agroalimentaire et soutien socio-économique pour les ménages défavorisés. Sans une telle stratégie, la progression de l’obésité sévère pourrait se poursuivre, avec des conséquences sanitaires et économiques durables.

