Dans le Golfe, des camions par milliers pour contourner le blocage du détroit d’Ormuz
En raison du blocage du détroit d’Ormuz, depuis plusieurs mois le trafic de poids lourds a explosé dans les pays du Golfe. Faute d’autres options, et notamment d’avoir suffisamment misé sur les transports ferroviaires, une pénurie de camions est même redoutée, alors que la course aux parts de marché bat son plein..
Le détroit d'Ormuz est un passage maritime stratégique situé entre l'Iran et la péninsule arabique. Il relie le golfe Persique au golfe d'Oman et, par extension, à l'océan Indien. Environ 20 à 30 % du pétrole mondial transite par ce détroit chaque jour. En 2026, un blocage de cette voie a été imposé, perturbant gravement les échanges commerciaux maritimes dans la région. Ce blocage a forcé les pays du Golfe à chercher des alternatives pour exporter leurs ressources et importer des biens essentiels, comme des produits alimentaires ou des marchandises manufacturées.
Face au blocage du détroit d'Ormuz, le trafic routier dans le Golfe a fortement augmenté. Des milliers de camions circulent désormais à travers la péninsule arabique pour contourner le détroit bloqué. Par exemple, une chaîne de supermarchés émiratie a organisé un transport de produits alimentaires britanniques depuis le Kent, en Grande-Bretagne, jusqu'à Dubaï. Ce trajet, d'une durée de seize jours, a emprunté l'Europe occidentale, l'Égypte et l'Arabie saoudite. Ce cas illustre l'ampleur des perturbations causées par le blocage et la nécessité de trouver des solutions logistiques alternatives.
Depuis le blocage du détroit d'Ormuz, plusieurs grandes compagnies maritimes mondiales, dont MSC, Maersk, CMA-CGM et Hapag-Lloyd, ont lancé des lignes de transport routier à travers la péninsule arabique. Ces compagnies, spécialisées dans le transport maritime de conteneurs, ont dû adapter leurs méthodes pour assurer la continuité de leurs services. Leur objectif est double : approvisionner les populations locales en biens de consommation et maintenir les exportations vers d'autres régions, comme l'Irak, la Jordanie ou la Turquie. Cette adaptation montre l'importance des infrastructures routières dans un contexte de crise.
Le blocage du détroit d'Ormuz a révélé une dépendance excessive aux routes maritimes pour le commerce international. Les pays du Golfe, traditionnellement reliés au reste du monde par voie maritime, ont dû se tourner vers des solutions terrestres, souvent moins efficaces et plus coûteuses. Cette situation a mis en lumière le manque d'infrastructures ferroviaires dans la région. Malgré des projets annoncés à plusieurs reprises, aucune ligne ferroviaire majeure n'a encore été construite pour relier les pétromonarchies du Golfe, comme Oman au Koweït. Cette lacune aggrave les difficultés logistiques et économiques causées par le blocage.

