Pétrole : pour le Venezuela, un accord opaque aux bénéfices incertains
La décision du gouvernement provisoire au pouvoir à Caracas de céder plus de 20 % des réserves pétrolières du pays aux États-Unis suscite de nombreux doutes, relève cet éditorial du quotidien de la droite libérale vénézuélienne “El Nacional”, qui ne cache pas son irritation face au resserrement de la tutelle américaine sur le pays..
Le 29 août 2026, le gouvernement provisoire du Venezuela, dirigé par Delcy Rodríguez, a annoncé un accord énergétique majeur avec les États-Unis. Cet accord prévoit la cession de 22 % des réserves pétrolières du pays, soit 65 milliards de barils, représentant près de 300 milliards de barils de pétrole inexploités sous terre. Les États-Unis obtiendraient un contrôle majoritaire sur 17 gisements pétroliers vénézuéliens, pour une durée indéterminée. Donald Trump, président américain, a qualifié cet accord de plus grand accord pétrolier de l’histoire mondiale, avec un investissement de plus de 100 milliards de dollars (86 milliards d’euros). L’objectif affiché est de reconstituer les réserves stratégiques de pétrole des États-Unis et de faire baisser les prix des carburants. Pour le Venezuela, Delcy Rodríguez évoque des recettes fiscales potentielles de 209 milliards de dollars (180 milliards d’euros), grâce à l’apport de capitaux et technologies américaines.
Cet accord suscite de vives critiques, notamment en raison de son opacité. Delcy Rodríguez, présidente par intérim du Venezuela, le présente comme historique et promet un avenir prospère et heureux pour le pays, sans préciser les modalités concrètes de cet accord. L’opposition vénézuélienne et des observateurs, comme le chroniqueur Ramón Escovar León, dénoncent l’absence de transparence et l’absence de débat national sur un sujet d’une telle ampleur. Les termes de l’accord, son impact réel sur l’économie vénézuélienne et sa conformité avec les institutions démocratiques du pays restent flous. L’article souligne que les institutions vénézuéliennes, déjà affaiblies par des décennies de gestion néfaste et frauduleuse, peinent à garantir un contrôle démocratique sur cet accord.
Depuis le 3 janvier 2026, la tutelle des États-Unis sur le Venezuela s’est renforcée, notamment sur le plan économique. Cet accord pétrolier s’inscrit dans un contexte de crise institutionnelle et de restrictions démocratiques au Venezuela. Malgré les promesses de libération des prisonniers politiques et de restauration de la démocratie, les avancées restent limitées. Les institutions vénézuéliennes, déjà fragilisées, peinent à jouer leur rôle de contrôle et de transparence. L’article souligne que le régime intérimaire manque de crédibilité pour garantir un avenir prospère, d’autant plus que la transition démocratique accuse un retard flagrant. Les Vénézuéliens expriment des doutes sur la capacité de cet accord à améliorer leur situation, alors que les libertés et la transparence ne sont toujours pas rétablies.
Pour le Venezuela, cet accord représente à la fois une opportunité et un risque. D’un côté, il pourrait apporter les investissements et technologies nécessaires pour relancer l’industrie pétrolière, autrefois gérée par la compagnie nationale Petróleos de Venezuela (PDVSA). De l’autre, il soulève des questions sur la souveraineté du pays et la durée de cet accord, dont les bénéfices pour le Venezuela restent incertains. Les États-Unis, de leur côté, y voient une victoire majeure pour sécuriser leurs approvisionnements en pétrole et stabiliser les prix des carburants. Cependant, l’absence de garanties solides et de mécanismes de contrôle démocratique laisse planer des doutes sur la durabilité et l’équité de cet accord pour le Venezuela.
L’accord a provoqué des réactions contrastées. Donald Trump se félicite d’une *victoire majeure* pour les États-Unis, tandis que l’opposition vénézuélienne et des médias comme *El Nacional* critiquent une *vente* de la souveraineté du pays. Le quotidien vénézuélien, bien que censuré dans son pays, reste une voix critique majeure et dénonce l’absence de débat public sur un sujet aussi sensible. Les Vénézuéliens, eux, attendent des clarifications sur les termes de l’accord et ses conséquences à long terme. L’article souligne que sans transparence et sans restauration des institutions démocratiques, il sera difficile pour le Venezuela de tirer pleinement profit de cet accord, malgré son potentiel économique.

