NapseflowNapseflow
Environnement

Cantines scolaires : le bio manque encore largement à l'appel

Reporterre · mis à jour il y a 15 j

L'immense majorité des établissements scolaires ne respectent pas la loi qui impose au moins 20 % de bio dans les cantines depuis 2022. Une lacune néfaste à la santé des enfants, que la récente loi d'urgence agricole pourrait aggraver.

Objectif national bio

En France, la loi Egalim de 2018 impose aux cantines scolaires de servir au moins 50 % de produits durables et de qualité, dont 20 % de produits issus de l’agriculture biologique (bio). Cette loi vise à améliorer la qualité nutritionnelle des repas et à soutenir une agriculture respectueuse de l’environnement. Les produits durables incluent notamment les produits locaux, les labels comme Label Rouge ou Commerce équitable, ainsi que les produits bio. Cependant, l’application de cette mesure reste inégale selon les territoires et les établissements. Par exemple, en 2022, seulement 22 % des cantines scolaires respectaient l’objectif des 20 % de bio, selon les données du ministère de l’Agriculture.

Disparités territoriales

Les avancées en matière de bio dans les cantines varient fortement selon les régions. Certaines collectivités, comme la région Bretagne ou l’agglomération de Grenoble, affichent des taux supérieurs à 30 % de produits bio dans leurs menus scolaires. À l’inverse, d’autres territoires, notamment en Outre-mer ou dans certaines zones rurales, peinent à atteindre les 10 %. Ces écarts s’expliquent par des différences dans les budgets alloués, l’accès aux producteurs locaux et la sensibilisation des élus locaux. Les grandes villes, souvent mieux dotées en moyens financiers et humains, sont généralement plus avancées que les petites communes.

Freins économiques

Le principal obstacle à l’introduction du bio dans les cantines reste le coût. Les produits bio sont en moyenne 20 à 30 % plus chers que les produits conventionnels, en raison de méthodes de production plus exigeantes et de volumes de production plus faibles. Pour compenser, certaines collectivités bénéficient d’aides de l’État ou de subventions régionales, comme le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER). Cependant, ces aides ne couvrent pas toujours l’intégralité de la différence de prix, ce qui limite leur portée. Les budgets des cantines, souvent serrés, rendent difficile l’augmentation des dépenses sans réduire d’autres postes.

Rôle des acteurs locaux

Les collectivités territoriales, comme les communes ou les métropoles, jouent un rôle central dans la mise en œuvre des objectifs bio. Leur engagement dépend de plusieurs facteurs : la volonté politique des élus, la pression des citoyens ou des associations, et la capacité à négocier avec les producteurs locaux. Certaines villes, comme Lyon ou Montpellier, ont mis en place des plans d’action ambitieux, incluant des clauses dans les appels d’offres pour favoriser le bio. À l’inverse, dans d’autres territoires, le manque de coordination entre les acteurs ou l’absence de filières bio locales freinent les progrès.

Impact sanitaire et environnemental

L’introduction du bio dans les cantines scolaires est justifiée par des enjeux de santé publique et de préservation de l’environnement. Les produits bio contiennent moins de pesticides et d’additifs, ce qui réduit l’exposition des enfants à ces substances. De plus, l’agriculture bio limite la pollution des sols et des eaux, et favorise la biodiversité. Selon une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), une alimentation plus riche en bio pourrait réduire de 30 % l’exposition aux résidus de pesticides chez les enfants. Cependant, l’impact global reste limité si la part de bio reste minoritaire dans les menus.

Ce que ça pourrait changer

Face aux retards accumulés, des associations comme *Greenpeace* ou *Fondation Nicolas Hulot* militent pour un renforcement des obligations légales et un meilleur accompagnement des collectivités. Certains députés proposent d’augmenter le pourcentage obligatoire de bio à 30 % d’ici 2025, voire de 50 % à long terme. Par ailleurs, des initiatives locales, comme les *circuits courts* ou les *groupements d’achat*, permettent de réduire les coûts et d’améliorer l’accès aux produits bio. Cependant, sans un engagement fort de l’État et des collectivités, l’objectif des 20 % pourrait ne pas être atteint avant plusieurs années.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.