Le Nobel de la paix à Navi Pillay témoigne « de la valeur des droits humains », salue l’ONU
L’ancienne Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a été désignée vendredi lauréate du prix Nobel de la paix 2026. Selon l’ONU, cette distinction témoigne de « la nécessité et de la valeur des droits humains » dans le monde..
Le 9 octobre 2026, le Comité Nobel norvégien a décerné le prix Nobel de la paix à Navanethem « Navi » Pillay, une juriste sud-africaine de 86 ans. Cette récompense lui a été attribuée « pour ses efforts en faveur de la paix et du droit international ». Le comité a salué son rôle dans la lutte contre les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide, en soulignant son courage et son intégrité exceptionnels. Ce prix reconnaît son action pour un ordre juridique mondial plus complet, où la justice internationale devient un pilier de la paix. Selon le communiqué, cette distinction met en lumière l’importance des droits humains dans un contexte mondial où ces droits sont de plus en plus contestés, y compris par des dirigeants puissants.
À l’annonce du prix, Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a exprimé sa profonde reconnaissance envers Navi Pillay. Il l’a qualifiée de « grande sœur » et a souligné que ce prix était « amplement mérité », notamment à une époque où les droits humains sont attaqués sur de multiples fronts. Pour lui, cette distinction est une réaffirmation de l’importance des droits humains, de l’État de droit, de la justice et de la responsabilité, qui sont essentiels pour la paix, la sécurité et la prospérité. Il a également rappelé que ce prix honore tous ceux qui, dans le monde, défendent les droits humains au péril de leur sécurité, souvent dans l’ombre des conflits ou des régimes autoritaires.
Navi Pillay a occupé le poste de Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme de septembre 2008 à août 2014, mais son engagement remonte à plus de 50 ans. Née en 1941 dans une famille indienne tamoule en Afrique du Sud, elle a été la première femme non blanche à ouvrir un cabinet d’avocate dans ce pays. Elle a défendu des militants anti-apartheid, dont Nelson Mandela, et a lutté contre la torture, notamment pour les prisonniers de l’île de Robben. Son parcours l’a menée à siéger au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) de 1995 à 2003, où elle a contribué à établir des précédents juridiques contre le génocide et les violences sexistes. Elle a également présidé la Commission d’enquête internationale indépendante des Nations unies sur le territoire palestinien occupé.
Navi Pillay a joué un rôle clé dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. Dans une interview de 2025, elle a confié qu’elle ne pensait pas voir la fin de ce système de ségrégation raciale de son vivant. Cependant, elle a souligné l’importance de la solidarité internationale, y compris celle des enfants, pour y parvenir. Son expérience sous l’apartheid a forgé sa conviction que la justice et l’égalité ne peuvent être atteintes que par une pression collective. Cette lutte a inspiré sa carrière ultérieure, où elle a toujours défendu la participation de la société civile dans l’élaboration des normes internationales en matière de droits humains.
Navi Pillay a marqué l’histoire du droit international en occupant plusieurs postes clés. En tant que juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), elle a contribué à des affaires judiciaires majeures, dont certaines concernaient des crimes de génocide. Plus tard, elle a été nommée juge à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, une institution permanente chargée de juger les crimes les plus graves au niveau international, comme le génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre. Son travail a permis d’établir des précédents juridiques novateurs, notamment pour la protection des victimes de violences sexistes dans les conflits armés. Ces contributions ont renforcé le rôle du droit international dans la prévention et la répression des atrocités.
Navi Pillay a toujours défendu une vision des droits humains centrée sur la justice et l’égalité. Elle a souligné que les normes internationales en matière de droits humains ne sont pas le fruit d’une prise de conscience spontanée des États, mais résultent de la pression exercée par la société civile. Pour elle, les institutions comme l’ONU doivent leur existence à la mobilisation des citoyens, des militants et des victimes. Cette approche a guidé son action en tant que Haut-Commissaire, où elle a mis l’accent sur la participation des victimes et des organisations non gouvernementales dans l’élaboration des politiques mondiales. Son plaidoyer a permis de faire progresser la reconnaissance des droits humains comme fondement de la paix et de la sécurité internationales.

