"Digger" : toi, tu creuses
Mercredi dernier est sorti en salles le nouveau film d'Iñárritu, une farce poussive sur l'Amérique et le capitalisme qui vaudra peut-être à Tom Cruise son premier Oscar, mais qui ne fait pas franchement avancer le schmilblick..
Le film Digger, réalisé par Alejandro Gonzalez Iñárritu, est sorti en salles le mercredi 1er octobre 2026. Cette comédie dramatique américaine met en scène Tom Cruise dans le rôle principal, un personnage vieillissant et bedonnant, loin de l’image habituelle du héros infaillible. Le film a bénéficié d’une campagne de promotion axée sur le mystère et l’étrangeté, avec une affiche et une bande-annonce qui masquent en partie l’identité de l’acteur. Malgré cette stratégie marketing, le film est présenté comme un échec critique et artistique par la chroniqueuse, qui le compare à des soufflés ratés, c’est-à-dire des projets ambitieux mais mal exécutés.
Le film raconte l’histoire de Digger Rockwell, un magnat du pétrole présenté comme l’homme le plus puissant d’une Amérique obsédée par l’exploitation des ressources naturelles, symbolisée par la phrase drill baby drill (en français, fore, ma belle, fore), popularisée sous l’administration Trump. Un matin, Digger fait face à deux problèmes majeurs : sa chatte Maggie, âgée de plus de trente ans et en mauvaise santé, et un événement environnemental catastrophique. Au large du Groenland, un morceau de banquise se détache en raison des forages intensifs menés par sa société, menaçant d’inonder une partie de l’Europe. Ce scénario sert de toile de fond à une satire de l’Amérique contemporaine, de son rapport au capitalisme et à l’écologie.
Le film se présente comme une satire de l’Amérique trumpiste, avec une critique acerbe de l’administration en place et de son déni des enjeux climatiques. La chroniqueuse souligne que Digger s’inscrit dans un contexte de réchauffement climatique spectaculaire, où les catastrophes environnementales deviennent de plus en plus visibles. Le réalisateur utilise une technique narrative appelée mise en abîme : le film révèle que l’histoire que nous voyons est en réalité un spectacle, avec des personnages qui sont des acteurs et vice versa. Cette approche, déjà employée dans des films comme Sans Filtre de Ruben Östlund, vise à montrer l’absurdité du monde des ultra-riches et des élites politiques, mais elle est ici jugée peu convaincante par la chroniqueuse.
La chroniqueuse exprime une forte déception envers Digger, estimant que le film échoue à produire une catharsis, c’est-à-dire une purification des émotions par l’art, comme le ferait une tragédie grecque. Au lieu de cela, le film génère de la terreur sans offrir de pitié ni de révolte, et son excès de farce et d’outrance ne fait que refléter une réalité déjà grotesque. La chroniqueuse critique particulièrement le traitement réservé à Tom Cruise, dont le personnage est ridiculisé de manière gratuite, ce qui est perçu comme un gaspillage cynique de son talent. Elle conclut que Digger contribue à enterrer le cinéma en le transformant en une parodie stérile, incapable de proposer une réflexion profonde ou une véritable satire.
Le film est sorti dans un contexte politique et environnemental tendu, marqué par des débats sur le réchauffement climatique et les politiques énergétiques. Bien que certains défendent *Digger* pour son audace politique et son ambition, la chroniqueuse le juge décevant, voire contre-productif. Elle souligne que le film, en singeant l’outrance de la réalité politique actuelle, ne fait que renforcer un sentiment de fatalisme. Enfin, elle mentionne que les critiques sont désormais incitées à ne pas divulguer l’intrigue des films, une pratique qui limite leur liberté d’expression et leur capacité à informer le public de manière transparente.

