Au Mexique, Sheinbaum veut interdire la double nationalité aux candidats à la présidence
La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, entend durcir les conditions de nationalité pour accéder aux plus hautes fonctions, dont la présidence de la République, au nom d’une “loyauté” exclusive envers le pays. Mais sa proposition de réforme constitutionnelle divise la majorité, alors que plusieurs élus du parti présidentiel possèdent eux-mêmes la double nationalité..
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, issue du parti Morena (gauche), propose une réforme constitutionnelle visant à interdire la double nationalité pour les candidats à la présidence du Mexique ainsi qu’aux postes de gouverneur ou de maire de Mexico. Cette mesure, annoncée le 11 septembre 2026, s’appuie sur l’idée qu’un dirigeant doit une loyauté exclusive à son pays, symbolisée par l’allégeance à un seul drapeau et un seul peuple. Actuellement, la Constitution mexicaine (articles 82, 116 et 122) autorise les candidats ayant une double nationalité à se présenter à ces fonctions. La réforme vise donc à modifier ces articles pour exclure cette possibilité.
Cette proposition intervient dans un contexte où plusieurs élus du parti présidentiel Morena possèdent eux-mêmes une double nationalité, ce qui crée une division au sein de la majorité. L’opposition qualifie cette réforme de pure manœuvre politique, suggérant qu’elle pourrait être motivée par des calculs partisans plutôt que par un souci de cohérence nationale. La réforme est actuellement en cours d’examen et suscite des débats au sein du Congrès mexicain, où elle doit être adoptée à une majorité qualifiée pour modifier la Constitution.
Claudia Sheinbaum justifie cette réforme par la nécessité de renforcer la loyauté des dirigeants envers le Mexique. Selon elle, détenir une double nationalité pourrait créer des conflits d’intérêts ou des allégeances concurrentes, compromettant ainsi l’indépendance de la fonction publique. L’objectif affiché est d’assurer que les hauts responsables du pays ne soient pas influencés par des obligations envers un autre État, ce qui pourrait, selon ses partisans, nuire à l’intérêt national.
La réforme divise non seulement l’opposition, mais aussi une partie de la majorité présidentielle. Certains observateurs soulignent que cette mesure pourrait être perçue comme une tentative de limiter la concurrence politique, notamment si des candidats potentiels à la présidence sont exclus pour cette raison. Par ailleurs, des critiques pointent le fait que cette règle pourrait réduire la diversité des profils politiques, alors que la double nationalité est courante dans un pays comme le Mexique, marqué par une forte diaspora.
Pour être adoptée, la réforme doit obtenir une majorité des deux tiers au Congrès mexicain, puis être approuvée par une majorité des États fédérés. Le processus législatif pourrait prendre plusieurs mois, voire des années, en fonction des rapports de force politiques. Si elle est validée, cette mesure entrerait en vigueur pour les prochaines élections présidentielles et locales, modifiant ainsi les règles du jeu politique au Mexique.

