Donald Trump impose sa "SuperIntelligence", changer les mots pour mieux conserver le business
Quand une marque est abîmée, on change le nom : après Facebook devenu Meta, Trump remplace "IA" par "SI" (super intelligence), pendant que la tech s'autorégule et relance le business..
Donald Trump a adopté une stratégie marketing classique en remplaçant le terme intelligence artificielle (IA) par super intelligence (SI) via un décret présidentiel publié le 29 septembre 2026. Cette technique, déjà utilisée par Facebook en 2021 qui s'est rebaptisé Meta pour promouvoir son métavers, vise à redorer l'image d'une technologie controversée. Le terme IA est désormais associé à des critiques croissantes : perte d'emplois, impact écologique des data centers (centres de données) et craintes liées à la puissance des modèles génératifs apparus en 2022. En changeant de vocabulaire, Trump cherche à transformer la perception négative de l'IA en un concept plus attractif, voire héroïque, suggérant une intelligence surhumaine. Cette stratégie s'inscrit dans une logique de communication où le langage devient un outil de contrôle des narratives.
Le terme super intelligence (SI) n'est pas anodin : il évoque une intelligence supérieure à celle des humains, capable de surpasser les capacités cognitives actuelles. Trump mise sur cette promesse pour relancer l'intérêt économique autour des technologies. Le concept renvoie également aux agents autonomes, des systèmes d'IA capables d'anticiper les besoins des utilisateurs sans intervention humaine. Depuis l'annonce du décret, l'extension de domaine .SI connaît une forte demande, avec une hausse des enregistrements de sites et produits liés à cette technologie. Cette stratégie s'appuie sur un storytelling où la SI devient un outil de performance individuelle et collective, détournant l'attention des problèmes concrets comme la consommation énergétique des data centers ou les risques systémiques associés à l'IA.
Le 29 septembre 2026, sept dirigeants majeurs de la tech, surnommés les sept mercenaires de l'IA, ont signé un accord d'autorégulation sous l'égide de Trump. Parmi eux figurent Elon Musk, Jeff Bezos, Jensen Huang (PDG de NVIDIA), Sundar Pichai (Google), Dario Amodei (Anthropic) et Mark Zuckerberg (Meta). Cet accord, présenté comme une avancée vers une régulation responsable, est en réalité une manœuvre pour éviter des lois contraignantes. Deux semaines avant cette annonce, OpenAI et Anthropic avaient semé la panique en évoquant des risques existentiels liés à leurs modèles d'IA, créant un effet de sidération. Cette stratégie du fearmongering (propagation de la peur) a permis de détourner l'attention des problèmes immédiats, comme l'impact environnemental des infrastructures numériques. L'accord signé n'engage que les entreprises qui y adhèrent, sans cadre juridique contraignant.
Donald Trump utilise cette manœuvre dans un contexte politique tendu, à quelques mois de l'élection présidentielle de 2027. En imposant le terme *SI*, il renforce son image de leader visionnaire tout en protégeant les intérêts économiques des géants de la tech, souvent basés aux États-Unis. Cette stratégie s'inscrit dans une logique de *far west numérique*, où les acteurs du secteur cherchent à éviter toute régulation externe. Les *data centers*, essentiels au fonctionnement des modèles d'IA, sont de plus en plus critiqués pour leur consommation excessive d'eau et d'électricité, notamment dans des régions déjà en tension. En recentrant le débat sur la *super intelligence*, Trump et les entreprises du secteur détournent l'attention des enjeux écologiques et sociaux, tout en relançant les investissements dans un secteur en perte de vitesse.

