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Droit

Malaisie : le HCR s’inquiète du renvoi de ressortissants birmans vers un Myanmar toujours en guerre

ONU : Migrants et réfugiés · mis à jour il y a 14 j

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est dit « inquiet » du renvoi, entamé mardi par la Malaisie, de 1.500 ressortissants birmans vers leur pays, estimant que « les conditions actuelles ne permettent pas des retours sûrs, dignes et durables »..

Contexte du conflit

Le Myanmar, anciennement appelé Birmanie, traverse une crise politique et militaire majeure depuis février 2021. À cette date, l'armée a pris le pouvoir par un coup d'État, renversant le gouvernement civil élu. Depuis, le pays est plongé dans un conflit armé intense entre l'armée (appelée Tatmadaw) et des groupes rebelles ethniques ou démocratiques. La situation humanitaire y est qualifiée de catastrophique par les Nations unies, avec des violations massives des droits de l'homme : violences, tortures, déplacements forcés et restrictions des libertés. Par exemple, une frappe aérienne récente sur un marché de l'État de Rakhine a fait au moins 50 morts parmi des civils, dont des enfants et des femmes. Cet État est particulièrement touché par les violences depuis 2017, année où une opération militaire contre la minorité musulmane des Rohingyas a poussé des centaines de milliers de personnes à fuir vers les pays voisins comme le Bangladesh ou la Malaisie.

Rapatriement des Birmans

La Malaisie a commencé à renvoyer environ 1 500 ressortissants du Myanmar vers leur pays d'origine, avec l'objectif de rapatrier un total de 5 000 personnes. Selon les autorités malaisiennes, ces retours seraient volontaires, c'est-à-dire que les personnes concernées auraient accepté de rentrer. Cependant, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) met en doute cette affirmation. En effet, les personnes renvoyées avaient préalablement été placées en centre de rétention pour immigrés, ce qui soulève des questions sur la liberté réelle de leur choix. Le HCR n'a pas pu évaluer leur situation avant leur départ. Ces centres sont des lieux où les migrants en situation irrégulière sont détenus en attendant une décision administrative ou un éventuel renvoi.

Risques pour les rapatriés

Le HCR et le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, expriment de vives inquiétudes quant à la sécurité des personnes renvoyées au Myanmar. Le pays reste en proie à des conflits armés et à des violations graves des droits humains. Le principe de non-refoulement, pilier du droit international, interdit de renvoyer une personne vers un pays où elle risque la persécution, la torture ou la mort. Pourtant, les retours actuels pourraient exposer les rapatriés à ces dangers. Par exemple, les frappes aériennes comme celle sur le marché de Rakhine montrent que les civils ne sont pas à l'abri des violences. Le HCR rappelle que les décisions de retour doivent être éclairées (basées sur une information complète) et volontaires, sans pression ni détention préalable.

Réactions des institutions

Le HCR et Volker Türk, Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, ont tous deux critiqué les rapatriements vers le Myanmar. Ils soulignent que la situation sur place ne permet pas des retours sûrs, dignes et durables. Le HCR demande à la Malaisie d'entourer ces retours de garanties solides, comme une évaluation individuelle des risques et un accès aux procédures de protection internationale. Volker Türk a déclaré qu'il n'était pas le moment de procéder à des expulsions forcées vers un pays où les droits humains sont systématiquement bafoués. Il appelle les États à soutenir les pays accueillant des réfugiés, comme la Malaisie ou le Bangladesh, en proposant des solutions alternatives pour protéger les personnes fuyant le Myanmar.

Ce que ça pourrait changer

La minorité musulmane des Rohingyas est particulièrement touchée par la crise au Myanmar. En 2017, une opération militaire violente contre cette communauté a poussé plus de 700 000 Rohingyas à fuir vers le Bangladesh voisin, où ils vivent depuis dans des camps de réfugiés surpeuplés. Cette opération est aujourd'hui sous le coup d'une procédure pour *génocide* devant la Cour internationale de justice (*CIJ*), la plus haute juridiction de l'ONU. Les Rohingyas restent une cible privilégiée des violences, ce qui explique pourquoi de nombreux Birmans, y compris d'autres groupes ethniques, cherchent à quitter le pays. Leur situation illustre l'ampleur de la crise humanitaire qui pousse des centaines de milliers de personnes à l'exil.

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