«Faire face à l'inévitable»: comment l'Asie se prépare à un El Niño hors norme
De l'Inde à la Corée du Sud, en passant par la Chine et l'Indonésie, les gouvernements asiatiques se préparent à affronter sécheresses, incendies de grande ampleur, typhons et inondations..
El Niño est un phénomène météorologique naturel qui se manifeste par un réchauffement anormal des eaux de surface dans l'océan Pacifique, près des côtes de l'Amérique du Sud. Il survient tous les deux à sept ans et dure environ une année. En 2026, ce phénomène est prévu d'une intensité exceptionnelle, potentiellement la plus forte jamais enregistrée. Il est lié à des variations de la pression atmosphérique entre l'est et l'ouest du Pacifique, ainsi qu'à un cycle du courant océanique le long de l'équateur. Les scientifiques et les autorités asiatiques considèrent cet épisode comme inévitable et préparent des mesures d'urgence pour en limiter les impacts. Selon le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, cet El Niño prend une ampleur sans précédent. Les conséquences pourraient affecter des millions de personnes à travers le monde, notamment en Asie, où les gouvernements adaptent leurs stratégies de prévention et de gestion des risques climatiques.
Les conséquences d'El Niño 2026 pourraient être dramatiques pour la sécurité alimentaire en Asie. Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que 50 millions de personnes supplémentaires risquent d'être touchées par la famine d'ici la fin 2027. Ce phénomène climatique perturbe les régimes de pluie et de sécheresse, affectant directement les récoltes. Par exemple, en Inde, les précipitations de mousson ont fortement diminué en septembre 2026, menaçant les cultures de riz, légumineuses, coton et maïs. Cette baisse des récoltes pourrait entraîner une hausse des prix des denrées alimentaires, aggravant la situation des familles pauvres et de la classe moyenne. Les gouvernements tentent de limiter ces impacts en renforçant les infrastructures de collecte d'eau et en développant des cultures moins gourmandes en eau.
La Chine, dirigée par Pékin, a lancé une campagne de 100 jours pour se préparer à El Niño 2026. L'un des principaux objectifs est de protéger les récoltes contre la sécheresse et les fortes précipitations. Pour cela, les autorités encouragent les villes à créer des cartes de risques climatiques, qui identifient les zones les plus exposées aux inondations et aux vagues de chaleur. Ces cartes permettent de mieux cibler les mesures de prévention et d'adapter les infrastructures urbaines. La Chine modernise également ses systèmes de surveillance et d'alerte pour anticiper les phénomènes météorologiques extrêmes. Cette préparation s'inscrit dans un contexte où le pays a déjà connu sa journée la plus chaude jamais enregistrée le 9 août 2026.
À Hong Kong, les autorités ont revu leur politique relative au travail en raison des fortes chaleurs prévues avec El Niño 2026. En cas de températures élevées, les horaires de travail doivent être aménagés pour inclure des pauses obligatoires. Les entreprises sont également tenues de s'équiper de systèmes de climatisation afin d'assurer la sécurité et le bien-être des employés. Cette mesure vise à protéger les travailleurs des risques liés aux vagues de chaleur, qui pourraient devenir plus fréquentes et intenses. Hong Kong, comme d'autres régions d'Asie, s'adapte ainsi aux nouvelles conditions climatiques imposées par ce phénomène météorologique exceptionnel.
Taïwan a jugé la situation urgente et a organisé un exercice de grande envergure début septembre 2026 pour simuler les impacts d'El Niño. Cet exercice, qui s'est déroulé sur trois jours, a reproduit des scénarios extrêmes avec des températures supérieures à 40°C. Les participants ont dû faire face à des coupures d'électricité et d'eau, des problèmes ferroviaires et des pannes de climatisation. Ces simulations visent à tester la résilience des infrastructures et des populations face à des conditions climatiques extrêmes. Les méthodes utilisées s'inspirent de celles employées pour gérer les crises comme les attaques terroristes ou les tremblements de terre, soulignant l'ampleur des défis à relever.
Le Sri Lanka est l'un des pays les plus touchés par El Niño 2026, avec une sécheresse historique depuis une décennie. Plus de 160 000 personnes font face à une pénurie d'eau potable, et les réserves d'eau douce pourraient disparaître. Pour faire face à cette crise, les autorités envisagent de traiter l'eau de mer salée, une solution qui reste cependant limitée. Le pays ne dispose en effet que d'une seule usine de dessalement, insuffisante pour répondre à la demande. Cette situation illustre les défis auxquels sont confrontés les pays asiatiques, où les ressources en eau sont déjà sous pression. Les experts restent sceptiques quant à la faisabilité de cette solution à grande échelle.
En Inde, les précipitations de mousson ont fortement diminué en septembre 2026, menaçant les cultures de riz, légumineuses, coton et maïs. Pour protéger les agriculteurs, le gouvernement indien met en place un bouclier protecteur composé de plusieurs mesures. Il s'agit notamment de renforcer les infrastructures de collecte d'eau de pluie et des réservoirs, ainsi que de développer des cultures moins gourmandes en eau. Ces actions visent à limiter l'impact économique de la baisse des récoltes, qui pourrait entraîner une hausse des prix des denrées alimentaires. Les familles pauvres et de la classe moyenne, déjà en difficulté, seraient particulièrement affectées par cette situation.
Les pays d'Asie du Sud-Est, comme les Philippines, la Malaisie et l'Indonésie, sont particulièrement vulnérables aux fluctuations des prix alimentaires en raison d'El Niño 2026. La guerre en Iran a déjà fait grimper les coûts des engrais, aggravant la situation. Pour y faire face, les gouvernements misent sur l'agriculture régénérative et les biofertilisants, des méthodes durables qui améliorent la qualité des sols sans recourir à des produits chimiques coûteux. En Indonésie, la part du revenu consacrée à l'alimentation peut atteindre 50 % ou plus, ce qui rend les populations particulièrement sensibles aux hausses de prix. Ces solutions visent à renforcer la résilience des systèmes agricoles face aux chocs climatiques.
Le Japon s'attend à l'arrivée de *super-typhons* en raison d'El Niño 2026, des cyclones tropicaux d'une intensité exceptionnelle. Tokyo encourage ses citoyens à protéger leur logement, à respecter les avis d'évacuation officiels et à se constituer des réserves de nourriture et d'eau. Le ministère des Infrastructures a identifié plusieurs passages souterrains à haut risque, qui seront fermés à titre préventif. Ces mesures visent à réduire les risques liés aux inondations et aux glissements de terrain, fréquents lors des typhons. Le Japon, habitué aux phénomènes météorologiques extrêmes, adapte ses infrastructures et ses comportements pour limiter les dégâts humains et matériels.

