Pour mieux dormir, il faudrait peut-être faire comme les humains d'il y a 100.000 ans
Les communautés de chasseurs-cueilleurs illustrent bien la manière dont les hommes ont appris à bien dormir. Voici quelques conseils ancestraux qui pourraient améliorer la qualité de votre sommeil..
Des chercheurs suggèrent que les humains pourraient mieux dormir en s’inspirant des habitudes de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, comme les Hadza de Tanzanie, les Tsimane de Bolivie ou les San de Namibie. Ces sociétés actuelles, étudiées pour leur mode de vie proche de celui de l’humanité il y a 100 000 ans, rapportent rarement des problèmes de sommeil. Cette observation a poussé les scientifiques à analyser leurs routines pour en tirer des enseignements applicables aujourd’hui. Le rythme circadien désigne l’horloge interne du corps, qui régule les cycles de veille et de sommeil sur environ 24 heures. Chez les chasseurs-cueilleurs, cette horloge semble mieux synchronisée avec les conditions naturelles, comme la lumière du jour et les variations de température, que dans les sociétés industrialisées.
La lumière du jour joue un rôle central dans la régulation du sommeil. Les experts recommandent de s’exposer à la lumière naturelle dès le réveil pour synchroniser le rythme circadien (l’horloge biologique interne). Cette exposition aide le corps à distinguer le jour de la nuit, ce qui facilite l’endormissement le soir. Les chasseurs-cueilleurs, qui passent leurs journées en extérieur, bénéficient naturellement de cette lumière. À l’inverse, dans les sociétés modernes, le manque de lumière naturelle, surtout en hiver, peut perturber ce rythme. Une étude citée par la BBC indique que les humains dorment moins lorsque les journées sont longues et chaudes, et davantage quand elles raccourcissent et se refroidissent, reflétant l’adaptation naturelle de l’organisme.
La température ambiante influence aussi la qualité du sommeil. Les chasseurs-cueilleurs s’endorment quelques heures après le coucher du soleil et se lèvent à l’aube, en harmonie avec les baisses de température nocturne. Dans les logements modernes, la température reste souvent constante, ce qui peut perturber ce cycle naturel. Les spécialistes conseillent donc de baisser le thermostat de quelques degrés la nuit, idéalement entre 16 et 19°C, pour favoriser l’endormissement. Une température trop élevée ou trop basse peut rendre le sommeil moins réparateur. Cette recommandation s’applique particulièrement en automne et en hiver, périodes où les écarts de température entre le jour et la nuit sont plus marqués.
Les chasseurs-cueilleurs adoptent des rituels apaisants avant le coucher, comme se rassembler autour d’un feu de camp ou écouter des histoires racontées par un membre de la tribu. Ces activités marquent une transition claire entre le jour, consacré aux tâches pratiques (logistique, garde d’enfants, nourriture), et la nuit, dédiée au repos et à la cohésion sociale. Les anthropologues, comme Alyssa Crittenden de l’université du Nevada, soulignent que cette séparation permet au corps et à l’esprit de se détendre. Dans les sociétés modernes, consulter ses emails ou effectuer des tâches ménagères après 19h peut envoyer un signal contradictoire au cerveau, retardant l’endormissement. Les experts recommandent donc d’éviter les écrans et les activités stressantes en soirée.
Dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs, plusieurs personnes partagent souvent la même pièce ou le même lit, ce qui favorise un sentiment de sécurité et de cohésion. Des études, comme celle publiée dans ScienceDirect (2020), montrent que dormir en compagnie peut améliorer la qualité du sommeil. Bien que cette pratique ne soit pas toujours possible ou souhaitée dans les sociétés modernes, les experts suggèrent d’intégrer une routine sociale avant le coucher, comme un dîner entre amis, un cours de yoga doux ou un appel téléphonique pour échanger sur la journée. Ces interactions sociales, même brèves, aident à réduire le stress et à préparer l’organisme au repos. L’objectif est de recréer un environnement similaire à celui des tribus, où la nuit est associée à la détente et à la connexion humaine.
Les chasseurs-cueilleurs n’analysent pas leur sommeil et ne cherchent pas à obtenir un sommeil parfait chaque nuit. L’anthropologue Gandhi Yetish, de l’université du Nevada, explique que cette acceptation de l’imperfection pourrait paradoxalement améliorer la qualité du repos. Dans les sociétés modernes, l’obsession pour la quantification des heures de sommeil (via des trackers ou des applications) et la recherche d’un sommeil identique chaque nuit peuvent générer du stress. Yetish souligne que, comme pour l’alimentation, le sommeil varie d’un jour à l’autre : il est normal de se sentir moins énergique certains matins. Accepter ces variations naturelles permettrait de réduire l’anxiété liée au sommeil et, par conséquent, de mieux dormir. Les chasseurs-cueilleurs, eux, ne subissent pas cette pression et s’en portent très bien.

