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France Culture - Savoirs · mis à jour 29 sept.

Depuis l'Antiquité, les humains soignent les animaux pour des raisons utilitaires et économiques. Au 18ᵉ siècle, les premières écoles vétérinaires sont créées.

Soins animaux avant 1700

Depuis l’Antiquité, les humains soignent les animaux principalement pour des raisons utilitaires et économiques. Les propriétaires ne prennent en charge que les bêtes les plus rentables, comme celles d’élevage, afin d’éviter la propagation de maladies au sein des troupeaux. Les chevaux, indispensables pour l’agriculture, les transports et les combats, reçoivent une attention particulière. Les soins sont alors assurés par des personnes en contact quotidien avec les animaux : bergers, palefreniers et surtout maréchaux-ferrants, qui ferrent et soignent les chevaux. Certains guérisseurs utilisent aussi des méthodes empiriques, comme des breuvages ou des cataplasmes, parfois teintées de superstition. Ces pratiques restent locales et ne sont pas encore structurées en une discipline médicale organisée.

Naissance écoles vétérinaires

Au 18ᵉ siècle, la médecine vétérinaire commence à s’institutionnaliser grâce à l’essor des sciences et au recul de l’influence de l’Église sur les autopsies. En 1761, Claude Bourgelat, écuyer du roi Louis XV, fonde la première école vétérinaire d’Europe à Lyon, suivie quatre ans plus tard par celle d’Alfort. Ces écoles recrutent des élèves modestes, souvent fils de maréchaux-ferrants ou de laboureurs, et forment des professionnels capables de soigner les animaux de manière plus systématique. Les enseignements s’appuient sur la médecine des humeurs (théorie médicale ancienne basée sur l’équilibre des fluides corporels), incluant des pratiques comme les saignées, les purges ou l’utilisation du feu, héritées de la médecine humaine et des savoir-faire des maréchaux-ferrants. Les écoles deviennent rapidement un modèle en Europe, formant des étudiants étrangers et favorisant les échanges scientifiques internationaux.

Évolution XIXe siècle

Le 19ᵉ siècle marque une transformation majeure pour la médecine vétérinaire, avec l’application des découvertes scientifiques et hygiéniques issues de la médecine humaine. Des techniques comme la vaccination, la stérilisation ou la chirurgie sous anesthésie se généralisent, améliorant considérablement les soins. La discipline s’ouvre progressivement à de nouveaux animaux, au-delà des chevaux, et se féminise peu à peu. La création de la chaire bovine dans les années 1890 et la spécialisation professionnelle permettent de diversifier et d’affiner les soins apportés aux animaux. Cette période voit aussi émerger une réflexion sur la souffrance animale et l’humanisation des animaux domestiques, élargissant les motivations de la médecine vétérinaire au-delà de l’utilitarisme initial.

Ce que ça pourrait changer

Deux experts interviennent dans ce podcast pour éclairer cette histoire : **Camille Wilhelm**, doctorante en histoire moderne à l’Université de Strasbourg, qui étudie le lien entre chevaux et médecine vétérinaire sous l’administration des Haras royaux en France entre 1665 et 1791. Son travail est dirigé par **Antoine Follain**. **François Vallat**, docteur vétérinaire et historien de la médecine vétérinaire, a publié plusieurs ouvrages sur le sujet, dont *Soigner les animaux : histoire de la médecine vétérinaire en France* (Actes Sud, 2026) et *Les bœufs malades de la peste : la peste bovine en France et en Europe, XVIIIᵉ-XIXᵉ siècles* (Presses universitaires de Rennes, 2009). Leur expertise permet de retracer l’évolution de cette discipline en France, marquée par des enjeux économiques, scientifiques et sociaux.

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