Langue de travail au ministère de la Défense : le CLO a déjà reçu trois plaintes
Le nombre de plaintes a augmenté depuis une semaine..
En janvier 2025, le ministère de la Défense nationale du Canada a annoncé une modification de sa politique concernant la langue de travail pour 180 unités administratives. Cette décision vise à harmoniser l'approche en matière de langue, ce qui signifie que certaines unités qui étaient auparavant considérées comme bilingues ne le seront plus. Désormais, la langue de travail sera déterminée en fonction de la région où se trouve l'unité. Par exemple, dans les régions unilingues comme l'Ouest canadien, la langue de travail sera l'anglais, même si certaines villes comme Winnipeg comptent un nombre important d'employés francophones. Cette nouvelle politique a été mise en place pour répondre à des plaintes et à une frustration liées à la langue de travail au sein du ministère.
Le Commissariat aux langues officielles (CLO) a déjà reçu trois plaintes concernant cette nouvelle politique en date du 12 août 2025, alors qu'une seule plainte avait été enregistrée la semaine précédente, le 7 août. Ces plaintes portent sur les répercussions de la décision du ministère de la Défense. Le CLO est un organisme indépendant chargé de veiller au respect de la Loi sur les langues officielles au Canada, qui garantit l'égalité du français et de l'anglais dans les institutions fédérales. Les plaignants n'ont pas encore été identifiés, mais le CLO a ouvert une enquête pour examiner ces réclamations. Par ailleurs, le CLO a également reçu sept plaintes concernant un changement similaire de langue de travail au Collège militaire royal du Canada, situé à Kingston.
La nouvelle politique du ministère de la Défense ne s'applique pas uniformément à l'ensemble du pays. Seules les régions désignées comme bilingues par le gouvernement fédéral pourront offrir aux employés la possibilité de travailler dans la langue officielle de leur choix. Ces régions se limitent à l'est du Canada et incluent la région de la capitale nationale (Ottawa-Gatineau), la province du Nouveau-Brunswick, la région bilingue de Montréal, certaines régions du Québec, ainsi que des parties de l'Ontario. Dans l'Ouest canadien, où aucune de ces régions bilingues n'est située, la langue de travail sera exclusivement l'anglais. Cette distinction géographique soulève des questions, notamment à Winnipeg, où un nombre significatif d'employés francophones travaillent actuellement.
La commissaire aux langues officielles, Kelly Burke, a réagi à cette situation en affirmant qu'elle suit de près les répercussions de la nouvelle politique. Elle rappelle que toutes les organisations soumises à la *Loi sur les langues officielles*, y compris le ministère de la Défense, doivent respecter leurs obligations linguistiques en tout temps. Kelly Burke insiste sur l'importance de l'esprit de cette loi, qui vise à protéger et à promouvoir l'usage du français et de l'anglais au sein des institutions fédérales. Le ministère de la Défense, quant à lui, a indiqué que les unités situées dans des régions unilingues étaient encouragées à aller au-delà des exigences minimales lorsque les circonstances le permettent, mais n'a pas précisé comment cela se traduirait concrètement.

