Donald Trump a contacté Apple au sujet du « lac d’Amérique »
Donald Trump a contacté directement Apple au sujet du lac Ontario, dit le secrétaire américain de l’Intérieur..
Donald Trump, président des États-Unis, a proposé de renommer le lac Ontario en lac d’Amérique, un changement annoncé via un décret signé la semaine précédente. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales accrues entre les États-Unis et le Canada, après l’échec des négociations commerciales. Le secrétaire américain à l’Intérieur, Doug Burgum, a confirmé que Trump avait directement contacté Apple pour solliciter ce changement sur Apple Maps. Le décret vise officiellement à modifier les documents fédéraux et les services géographiques américains, mais son impact dépasse ce cadre, influençant déjà des plateformes comme Google Maps ou des entreprises locales.
Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a réagi vivement en dévoilant un panneau géant à Winona avec l’inscription Lac Ontario, aujourd’hui et à jamais, symbolisant l’opposition à ce renommage. Le gouvernement ontarien a également demandé aux entreprises locales utilisant Google Maps, comme Hydro One ou la LCBO, de corriger leurs cartes pour afficher le nom officiel. Le ministre ontarien Stephen Crawford a annoncé une révision des sites web provinciaux pour éviter toute confusion, affirmant que les Ontariens défendront leur province et ses lieux emblématiques. Ces déclarations s’ajoutent à celles du premier ministre Mark Carney, qui a réaffirmé sur les réseaux sociaux que le lac conserverait son nom d’origine.
Les changements de nom varient selon les plateformes et les régions. Aux États-Unis, Google Maps affiche désormais lac d’Amérique pour les utilisateurs locaux, tandis que les Canadiens continuent de voir lac Ontario. Apple Maps devrait suivre cette tendance après la demande de Trump. Cependant, certains sites ontariens utilisant Google Maps ont déjà adopté le nouveau nom, provoquant une confusion locale. Le bureau du ministre ontarien Crawford a souligné vouloir réguler l’usage de ces outils tiers pour garantir la cohérence des informations. Cette situation illustre la difficulté de contrôler l’application d’un décret limité aux documents fédéraux américains.
Le nom lac Ontario puise ses racines dans les langues iroquoiennes, probablement le huron-wyandot ou le mohawk. Selon l’Encyclopédie canadienne, il signifie beau lac ou eau étincelante. Ce nom est utilisé depuis des siècles et reflète l’héritage autochtone de la région. Le lac, situé en bordure de Toronto, est un repère géographique majeur pour l’Ontario et le Canada. Son renommage proposé par Trump efface cette histoire linguistique et culturelle, suscitant une forte opposition locale. Les défenseurs du nom original insistent sur la nécessité de préserver l’identité des lieux.
Le décret de Trump s’inscrit dans une série de mesures protectionnistes, comme le renommage du golfe du Mexique en golfe d’Amérique l’année précédente. Ces actions s’accompagnent de tarifs douaniers imposés au Canada et de déclarations controversées de Trump sur les relations commerciales, affirmant que le Canada profite injustement des États-Unis. Les républicains et des membres de son administration ont défendu ces décisions, tandis que des médias américains ont relayé ces prises de position. Scott Bessent, secrétaire au Trésor, doit rencontrer son homologue canadien lors d’une réunion du G20 en Caroline du Nord, un événement qui pourrait aggraver les tensions.
Les changements de nom sur les cartes numériques ont des répercussions au-delà des frontières américaines et canadiennes. Les utilisateurs du monde entier voient désormais parfois les deux appellations, *lac Ontario* et *lac d’Amérique*, selon leur localisation. Cette situation crée une disparité dans la représentation géographique, soulignant l’influence des décisions politiques sur les outils numériques mondiaux. Les autorités ontariennes ont appelé à une harmonisation pour éviter toute confusion, mais le contrôle de ces plateformes reste limité. Les réactions sur les réseaux sociaux, notamment de la part de Trump, ont également alimenté le débat.

