Vaut-il mieux boire du thé ou du café ?
Ces deux boissons font l’objet d’études régulières sur les liens entre leur consommation et la santé. Et les partisans de chaque breuvage aiguisent leurs arguments afin d’avancer que l’un ou l’autre est le meilleur.
Le thé et le café sont deux boissons très populaires dans le monde, souvent comparées pour leurs effets sur la santé. Une infographie du Washington Post résume les résultats d’études scientifiques qui analysent leurs bienfaits respectifs. Les deux boissons sont associées à une longévité accrue et à un risque réduit de maladies cardiovasculaires, bien que d’autres facteurs comme l’alimentation ou l’exercice physique puissent influencer ces résultats. Le café est particulièrement étudié, avec des recherches suggérant un lien entre sa consommation régulière et une diminution de 13 % du risque de développer un cancer. Cependant, ces études ne prouvent pas toujours un lien direct, car d’autres habitudes de vie entrent en jeu.
Le café contient plus de fibres que le thé : une tasse de café filtré en apporte entre 1,1 et 1,8 gramme, contre presque aucune dans le thé, sauf si l’on consomme les feuilles directement. Les deux boissons renferment des polyphénols, des molécules végétales bénéfiques pour la santé. Ces composés agissent comme un carburant pour les bactéries intestinales, favorisant ainsi un microbiome intestinal sain. Le café est riche en acide chlorogénique, un polyphénol étudié pour son rôle dans l’amélioration de la sensibilité à l’insuline et la régulation de la glycémie, ce qui pourrait réduire le risque de diabète de type 2. Le thé, quant à lui, contient d’autres types de polyphénols, comme les catéchines, aux propriétés antioxydantes.
Le thé et le café contiennent de la caféine, une substance stimulante qui améliore la concentration. Cependant, leur teneur diffère : une tasse de café en contient généralement entre 80 et 100 mg, contre 20 à 60 mg pour une tasse de thé. Cette différence explique pourquoi le café peut perturber le sommeil, surtout si consommé en fin de journée, tandis que le thé, moins dosé, permet de rester éveillé sans nuire à la qualité du repos nocturne. Ainsi, le thé est souvent privilégié pour ses effets sur la vigilance sans les inconvénients du café. Les études montrent que le thé favorise la concentration intellectuelle de manière plus douce et durable.
Les buveurs réguliers de café ou de thé semblent avoir un risque réduit de maladies cardiovasculaires et une espérance de vie légèrement supérieure à celle des non-consommateurs. Une méta-analyse de 59 études, portant sur 40 cohortes, a révélé que les amateurs de café avaient un risque de cancer inférieur de 13 % par rapport aux autres. Cependant, ces résultats ne sont pas toujours concluants, car d’autres facteurs, comme une hygiène de vie globale, peuvent influencer ces statistiques. Le professeur Sanjiv Chopra, de la Harvard Medical School, souligne que le café bénéficie d’un nombre d’études plus important, ce qui pourrait biaiser les conclusions en sa faveur.
Le thé est la deuxième boisson la plus consommée au monde, derrière l’eau, avec une moyenne de trois tasses bues pour chaque tasse de café. Cette popularité s’explique par des traditions culturelles fortes, notamment en Asie et au Royaume-Uni, où le thé est un symbole social. Le café, bien que très répandu, reste moins dominant à l’échelle mondiale. Cette différence de consommation reflète aussi des habitudes locales : en Afrique, par exemple, la culture du café est menacée par le réchauffement climatique, ce qui pourrait influencer les tendances futures. La production et la consommation de ces deux boissons sont donc influencées par des enjeux géopolitiques et environnementaux.

