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«jg»: Jacques Greene veut un «rush de sucre»

Le Devoir · mis à jour il y a 20 j

Le compositeur, DJ et remixeur montréalais revient secouer les danseurs sept ans après son dernier album solo..

Retour de Jacques Greene

Jacques Greene, de son vrai nom Philippe Aubin-Dionne, est un compositeur, DJ et remixeur montréalais qui sort son troisième album solo intitulé jg sept ans après son dernier projet solo. Cet album marque son retour sur la scène de la musique électronique, avec une approche renouvelée et une énergie survitaminée, testée dans les clubs du monde entier. Greene est reconnu pour son style distinctif, mélangeant des motifs rythmiques inspirés du UK garage (un sous-genre de la house britannique caractérisé par des tempos modérés et des mélodies vocales), ainsi que pour sa manipulation innovante des voix dans ses compositions. L’album comprend onze titres et s’appuie sur des collaborations avec des artistes locaux comme Ouri et CFCF. Greene explique que la pandémie de COVID-19 a joué un rôle clé dans ce retour, en lui rappelant l’importance des performances live et de l’énergie des dancefloors.

Impact de la pandémie

La pandémie de COVID-19 a profondément affecté Jacques Greene, le poussant à ralentir ses projets musicaux. Il a sorti un microalbum en 2022, Fantasy, mais n’a pas eu la force mentale de finaliser un album complet à cette époque. Greene a également collaboré avec l’artiste Nosaj Thing pour un album en duo, Verses GT, sorti en 2025, ainsi que pour une bande originale de film, The Colour of the Sun, primée à la Mostra de Venise. Il confie que l’absence de tournées et de performances live pendant la pandémie lui a fait réaliser à quel point ces expériences lui manquaient. Pour lui, être DJ ne se limite pas à jouer de la musique : c’est aussi créer une ambiance et une énergie collective, notamment dans les clubs où les gens viennent pour socialiser. Greene souligne que ces lieux et ces moments de connexion humaine sont essentiels pour lui.

Style musical et influences

Jacques Greene est associé à la house garage, un sous-genre de la house qui se caractérise par des tempos modérés, des mélodies vocales et des rythmes entraînants. Son style se distingue par une manipulation sophistiquée des voix, qu’il intègre comme des instruments pour créer des atmosphères à la fois mélodieuses et émotives. Son morceau Another Girl, sorti en 2011, a marqué un tournant dans sa carrière en le propulsant sur la scène internationale, notamment grâce à la station londonienne Rinse.fm, qui a largement diffusé son titre. Greene a depuis maintenu une présence régulière dans la scène underground britannique. Dans son nouvel album jg, il explore une version plus dynamique et survitaminée de son style, avec des rythmes puissants et des mélodies qui invitent à la danse et à l’euphorie.

Philosophie de la musique

Pour Jacques Greene, la musique n’a pas pour vocation de porter un message politique ou social explicite. Il voit plutôt sa musique comme une oasis pour le public, un espace où les gens peuvent se défouler, se rassembler et vivre des moments de communion. Greene explique que l’album jg est conçu pour offrir un rush de sucre, une expérience euphorique et stimulante, comme une réaction à l’apathie induite par la multiplication des écrans et des distractions numériques. Il souligne l’importance d’être présent dans le moment, que ce soit sur un dancefloor ou lors d’un concert, en opposition à l’isolement généré par les smartphones. Greene a même envisagé de nommer l’album Presence, un mot qui se prononce de la même façon en français et en anglais, pour illustrer cette idée. Il cite l’exemple du musicien Actress, dont la sortie d’un nouvel album l’a inspiré à créer une musique qui nourrit le lien entre l’artiste et son public.

Ce que ça pourrait changer

Jacques Greene défend l’idée que le dancefloor et la musique de club restent des espaces vivants et dynamiques, malgré les prédictions de leur déclin. Il observe que les publics sont de plus en plus engagés et que les gens recherchent des expériences collectives pour se défouler et se stimuler. Greene rejette les critiques selon lesquelles les téléphones portables et les écrans nuisent à l’ambiance des clubs. Pour lui, ces lieux restent des espaces de résistance contre l’apathie et l’isolement, où les gens peuvent se connecter les uns aux autres. Il décrit les clubs comme des environnements où la collision des corps et les ambiances sonores créent une énergie unique. Greene voit son nouvel album comme une célébration de cette énergie, avec des morceaux conçus pour être joués en public et pour inviter à la nuit blanche et à la communion.

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