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GÉNÉRALISTE

«jg»: Jacques Greene veut un «rush de sucre»

Source unique·il y a 20 j

Avec jg, son troisième album solo après sept ans d’absence, Jacques Greene signe un manifeste électro où la pulsation club retrouve une fonction sociale et presque thérapeutique. Entre nostalgie des nuits pré-pandémie et défiance face à l’hyperconnectivité, l’artiste québécois transforme sa musique en rush de sucre pour un public en quête de présence physique et d’émotions collectives, loin des écrans. Une réponse esthétique et existentielle à l’apathie contemporaine, où le dancefloor redevient un acte de résistance.

Pourquoi Jacques Greene a-t-il attendu sept ans avant de sortir un nouvel album solo ?

La pandémie a profondément ébranlé sa motivation, le musicien évoquant une force mentale insuffisante pour mener à bien un projet aussi exigeant qu’un album solo, combiné à l’impossibilité de tourner et à l’épuisement lié à l’organisation de spectacles. Ce n’est qu’avec la collaboration sur Verses GT (2025) avec Nosaj Thing qu’il a retrouvé l’élan créatif nécessaire, réalisant aussi à quel point les performances live et l’énergie des clubs lui manquaient.

Quel rôle joue le dancefloor dans la vision artistique de Jacques Greene aujourd’hui ?

Pour lui, le dancefloor n’est pas un simple lieu de consommation musicale, mais un espace de collision des corps et de communion, presque sacré. La pandémie lui a fait prendre conscience que cette expérience collective, où la musique devient la bande-son de moments intimes ou sociaux, est irremplaçable. Son album jg en est une dédicace, conçu comme une oasis pour contrer l’apathie induite par le numérique.

En quoi jg marque-t-il une évolution dans le style de Jacques Greene ?

L’album pousse sa signature UK garage et house mélodique vers une version survitaminée, avec des rythmes plus rapides et une énergie plus directe, reflétant un retour aux musiques de club puissantes après des années de ralentissement. Greene y intègre aussi des collaborations locales (Ouri, CFCF) et une dimension plus ambient en clôture, comme un clin d’œil à ses racines, tout en affirmant une volonté de stimuler plutôt que de simplement divertir.

Ce que ça pourrait changer

L’album de Jacques Greene pourrait symboliser un tournant dans la scène électro mondiale, où l’exigence d’une musique physique et collective répond à un besoin croissant de reconnexion après des années de distanciation. Son succès pourrait aussi relancer l’intérêt pour les formats longs dans un genre souvent dominé par les EP ou les sets DJ, tandis que son approche minimaliste de messages sociaux — privilégiant l’émotion à l’engagement — interroge sur les limites de l’art comme simple échappatoire.

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