Économie russe : 14 % des pétroliers de la flotte fantôme russe auraient été frappés par des drones ukrainiens en 10 jours
Kiev affirme avoir frappé 136 navires appartenant à la flotte fantôme russe en mer Noire et d’Azov au cours des 10 derniers jours, dont 97 pétroliers. L’article Économie russe : 14 % des pétroliers de la flotte fantôme russe auraient été frappés par des drones ukrainiens en 10 jours est apparu en premier sur Le Grand Continent..
La flotte fantôme russe désigne un ensemble de navires marchands, principalement des pétroliers, qui servent à contourner les sanctions internationales imposées à la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine. Ces bateaux opèrent souvent sans signaler leur position (AIS), utilisent des pavillons de complaisance (pays tiers peu regardants) et changent fréquemment de nom pour éviter d’être identifiés. Selon le Financial Times, cette flotte comptait environ 700 pétroliers début juillet 2026. Elle est cruciale pour exporter le pétrole russe, car les routes maritimes traditionnelles sont bloquées ou trop risquées en raison des sanctions ou des attaques ukrainiennes. La mer d’Azov et la mer Noire sont des zones clés pour ces exportations, notamment vers l’Afrique, l’Asie et l’Europe.
Entre le 6 et le 14 juillet 2026, l’Ukraine affirme avoir frappé 136 navires de la flotte fantôme russe à l’aide de drones, dont 97 pétroliers. Ces attaques ont eu lieu en mer d’Azov (116 navires) et en mer Noire (20 navires supplémentaires le 15 juillet). Les drones ukrainiens ciblent les ponts supérieurs des navires pour les neutraliser sans provoquer de marée noire, comme le montrent des vidéos publiées par le commandant des Forces de systèmes sans pilote ukrainiennes, Robert Brovdi. Ces attaques visent à perturber les exportations russes, notamment de pétrole, et à affaiblir l’économie de Moscou. La Russie a réagi en déployant des opérateurs armés de mitrailleuses, de missiles sol-air et de drones anti-drones sur ses pétroliers pour se défendre.
Les attaques ukrainiennes pourraient avoir un impact économique majeur pour la Russie. Environ un quart des exportations de blé russes transitent par la mer d’Azov, et la mer Noire représente une part aussi importante du commerce mondial de blé que le golfe Persique pour le pétrole. Moscou tente de réacheminer ses exportations vers d’autres routes maritimes, mais les volumes actuels rendent cette solution peu probable. Par ailleurs, les navires russes évitent désormais d’activer leur système AIS (système d’identification automatique des navires) pour ne pas être repérés par les drones ukrainiens. En deux semaines, le nombre de transpondeurs AIS actifs en mer d’Azov a chuté de 61 %, selon Starboard Maritime Intelligence. Le port de Novorossiisk, en mer Noire, où la Russie charge entre 6 et 8 pétroliers de brut chaque semaine, est particulièrement visé.
Pour contrer les attaques, la Russie a commencé à armer ses pétroliers avec des opérateurs équipés de mitrailleuses, de missiles sol-air portables et de drones anti-drones. Ces mesures visent à protéger les navires, mais elles augmentent les coûts et la complexité logistique. Parallèlement, Moscou tente de maintenir ses exportations en utilisant des routes alternatives ou en naviguant sans signaler sa position. Cependant, ces stratégies rendent le commerce plus risqué et moins efficace. Le 14 juillet 2026, la marine ukrainienne a détruit un navire de patrouille du FSB (service de sécurité russe) au large de Novorossiisk avec un drone naval Sargan-3000, illustrant l’intensification des tensions en mer Noire.
La campagne ukrainienne en mer d’Azov et en mer Noire s’inscrit dans une stratégie plus large pour asphyxier l’économie russe. En ciblant la flotte fantôme, Kiev cherche à réduire les revenus de Moscou issus des exportations de pétrole et de céréales, deux ressources vitales pour financer la guerre. La mer d’Azov est particulièrement stratégique, car elle permet à la Russie d’exporter du blé vers des pays comme l’Égypte ou la Turquie, tout en ravitaillant la Crimée. Les attaques ukrainiennes pourraient donc avoir des répercussions bien au-delà des frontières maritimes, en affectant les relations commerciales de la Russie avec ses partenaires internationaux.

