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Hockey Québec veut plus de femmes derrière les bancs

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 7 j

À peine 3 % des personnes derrière les bancs au hockey mineur mixte sont des femmes, regrette la fédération..

Sous-représentation féminine

Hockey Québec, la fédération québécoise de hockey sur glace, constate une représentation féminine insuffisante derrière les bancs des équipes de hockey mineur mixte. Selon les données de la fédération, seulement 3% des entraîneurs dans ce secteur sont des femmes, un taux jugé nettement insuffisant par les responsables. Cette situation reflète un déséquilibre dans la répartition des rôles d’encadrement sportif entre les genres. Le hockey mineur mixte désigne les équipes composées à la fois de garçons et de filles, souvent âgées de 5 à 17 ans. Le hockey mineur représente la pratique du hockey chez les jeunes, distincte du hockey professionnel ou universitaire. Stéphane Auger, directeur général de Hockey Québec, souligne dans un communiqué que le hockey québécois pourrait bénéficier d’une plus grande implication des femmes dans des postes de leadership, comme celui d’entraîneur.

Programme Banc d'essai

Pour remédier à ce manque de représentation, Hockey Québec lance un programme nommé Banc d’essai, dont l’objectif est d’augmenter le nombre de femmes derrière les bancs des équipes de hockey mineur. Ce programme s’adresse aux femmes de 16 ans et plus, qu’elles soient anciennes joueuses, mères, partisanes ou simplement passionnées de hockey, sans expérience préalable en tant qu’entraîneur. L’initiative vise à briser les barrières psychologiques qui dissuadent les femmes de postuler à ce type de rôle. Caroline Charbonneau, ancienne entraîneuse et maintenant directrice pour eZsign, partenaire du projet, explique que de nombreuses femmes compétentes hésitent à se porter candidates par crainte de ne pas être « parfaites » ou de ne pas cocher toutes les cases. Le programme propose une structure d’accompagnement avec une formation et une expérience concrète derrière le banc, afin de leur donner confiance et légitimité pour assumer ce rôle.

Biais de compétence

Un des principaux obstacles identifiés par les responsables du projet est le biais de compétence chez les femmes. Stéphanie Poirier, directrice du hockey féminin et du développement à Hockey Québec, explique que les femmes ont tendance à sous-estimer leurs capacités et à croire qu’elles doivent maîtriser parfaitement tous les aspects du métier avant de postuler. En réalité, un entraîneur de hockey mineur n’a pas besoin d’être un expert en technique de jeu ou en patinage avancé. Son rôle principal consiste à accompagner des enfants, s’assurer qu’ils sont bien équipés, qu’ils comprennent les consignes et qu’ils s’amusent. Poirier souligne que les femmes possèdent souvent des compétences naturelles en gestion de petits groupes et en intelligence émotionnelle, des qualités essentielles pour encadrer des jeunes joueurs. Le hockey mineur est comparé à de la gestion de petits humains, une tâche que les femmes accomplissent quotidiennement dans d’autres contextes.

Rôle du patinage

Une des barrières majeures au coaching féminin dans le hockey mineur est la crainte de patiner. Certaines femmes hésitent à s’engager parce qu’elles ne se sentent pas à l’aise sur la glace ou craignent de ne pas avoir les compétences techniques nécessaires. Hockey Québec et ses partenaires insistent sur le fait que le patinage n’est pas un critère obligatoire pour devenir entraîneur dans le hockey mineur. L’objectif est de donner aux participantes un sentiment de légitimité en leur fournissant un équipement adapté (comme un tracksuit, un sifflet et des patins) et en les accompagnant lors de leur première expérience sur la glace. L’idée est de leur montrer qu’elles peuvent contribuer activement à l’encadrement des jeunes sans avoir besoin d’être des athlètes accomplies. Cette approche vise à démystifier l’image de l’entraîneur de hockey, souvent associée à celle d’un ancien joueur professionnel.

Inspiration et modèles

Hockey Québec mise sur l’inspiration pour attirer davantage de femmes vers le coaching. L’organisation cite des figures féminines emblématiques du hockey québécois et international, comme Marie-Philip Poulin et Ann-Renée Desbiens, pour motiver les jeunes filles à s’intéresser au sport. Elle évoque également des entraîneuses de haut niveau, comme Kori Cheverie ou Jessica Campbell, première femme à occuper un poste d’adjointe dans la LNH (Ligue Nationale de Hockey), pour montrer que des opportunités existent dans le coaching. La Victoire de Montréal et la LPHF (Ligue professionnelle de hockey féminin) sont présentées comme des exemples de structures où les femmes peuvent évoluer et prendre des responsabilités. Stéphanie Poirier affirme que ces modèles peuvent inciter des femmes à adopter le sifflet et le carnet d’entraîneur, et à s’investir dans le développement du hockey.

Bénéfices pour les familles

Le programme Banc d’essai s’adresse également aux mères déjà présentes dans les arénas, souvent cantonnées au rôle de spectatrice. Hockey Québec souligne que s’impliquer derrière le banc permet de créer une dynamique positive avec son enfant, tout en vivant un moment fort en famille. Malgré la charge mentale liée à la gestion du quotidien, cette implication offre une occasion de partager une passion commune et de renforcer les liens. L’organisation insiste sur le fait que les entraîneurs façonnent la vie de milliers de jeunes joueurs, et que leur rôle va bien au-delà de la simple transmission de techniques sportives. Il s’agit aussi de transmettre des valeurs comme le respect, l’effort et l’esprit d’équipe, des aspects où les femmes peuvent apporter une approche complémentaire.

Ce que ça pourrait changer

Hockey Québec et ses partenaires ont pour ambition de **faire évoluer la culture** autour du coaching féminin dans le hockey mineur. L’objectif n’est pas seulement d’augmenter le nombre de femmes entraîneuses, mais aussi de **normaliser leur présence** derrière les bancs. Actuellement, le taux de représentation féminine est de **3%**, et les responsables estiment qu’il faudra du temps pour atteindre une **mixité réelle**. Stéphanie Poirier précise que passer de 3% à 4% ou 5% représente déjà un progrès significatif, mais que l’idéal serait de ne plus avoir besoin de programmes comme Banc d’essai dans quelques années, car la mixité serait alors devenue la norme. Caroline Charbonneau ajoute que **tous les acteurs de la société** ont un rôle à jouer dans cette évolution, y compris les parents et les spectateurs dans les estrades, dont les mentalités doivent également changer.

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