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Généraliste

Christine Fréchette ouvre la porte à la mixité public-privé en santé

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 1 h

La cheffe de la CAQ se place en contradiction avec le legs de l'ex-ministre de la Santé Christian Dubé..

Nouvelle stratégie santé

Christine Fréchette, cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), propose une nouvelle approche pour réduire les délais d'attente dans le système de santé québécois. Cette approche repose sur deux axes principaux : autoriser les médecins à travailler simultanément dans les secteurs public et privé, et faciliter l'accès aux services privés pour certaines chirurgies. Cette annonce marque un changement par rapport à la politique précédente du gouvernement, notamment celle de l'ex-ministre de la Santé Christian Dubé, qui avait fait adopter en 2025 la Loi favorisant l'exercice de la médecine au sein du réseau public de la santé et des services sociaux (Loi 83). Cette loi limitait strictement les allers-retours des médecins entre les réseaux public et privé, en exigeant une autorisation de désaffiliation temporaire pour ces changements. La proposition de Fréchette s'inspire de systèmes de santé performants ailleurs dans le monde, où cette mixité est autorisée.

Pratique mixte des médecins

Le cœur de la proposition de Christine Fréchette concerne la pratique mixte, c'est-à-dire la possibilité pour les médecins de soigner des patients à la fois dans le réseau public et dans le secteur privé. Actuellement, la Loi 83 impose aux médecins spécialistes de choisir entre les deux réseaux ou de demander une autorisation pour passer de l'un à l'autre. Fréchette souhaite supprimer cette contrainte, tout en exigeant que les médecins maintiennent une présence minimale dans le réseau public. L'objectif est double : augmenter le nombre de patients soignés et garantir que les soins publics restent accessibles. Cette mesure vise à combler les lacunes du système public, où les délais d'attente pour certaines chirurgies, comme celles en orthopédie ou en chirurgie plastique, peuvent atteindre plusieurs mois, voire un an.

Réduction des délais d'attente

Pour accélérer l'accès aux soins, Christine Fréchette propose de réduire les délais d'attente pour les patients en attente de chirurgies non urgentes, notamment en orthopédie et en chirurgie plastique. Deux types de délais sont concernés : ceux pour être redirigé vers une autre région dans le réseau public, qui passeraient de 9 à 6 mois, et ceux pour être redirigé du public vers le privé, qui passeraient de 12 à 9 mois. Ces mesures s'inscrivent dans la continuité d'un projet pilote annoncé en août 2025 par Christian Dubé, mais qui n'a jamais été mis en œuvre. Contrairement à certaines idées reçues, ces services seraient entièrement couverts par le régime public, sans frais supplémentaires pour les patients. La CAQ affirme que cette réforme serait financée à coût nul, notamment grâce à une réduction des dépenses administratives dans le budget de Santé Québec.

Réactions politiques

L'annonce de Christine Fréchette a suscité des réactions contrastées parmi les partis politiques québécois. Le chef libéral a critiqué cette volte-face, estimant que Fréchette abandonnait la promotion du système public de santé, un pilier de son parti. Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, a qualifié cette décision de désaveu du travail de Christian Dubé et d'improvisation. De son côté, la co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a dénoncé un virage à 180 degrés, craignant une saignée du système public. Elle a également souligné que le recours au privé coûte plus cher aux contribuables, une affirmation que la CAQ conteste en affirmant que la réforme serait neutre financièrement. Ces réactions illustrent les divisions politiques autour de la question de la mixité public-privé en santé au Québec.

Ce que ça pourrait changer

Cette proposition s'inscrit dans un contexte de tensions persistantes dans le système de santé québécois, marqué par des délais d'attente records pour certaines chirurgies et une pénurie de médecins spécialistes. Le gouvernement précédent, dirigé par François Legault, avait tenté de résoudre ces problèmes en limitant la pratique mixte des médecins, une mesure contestée par certains professionnels. La CAQ, qui a présenté son cadre financier le 31 août 2026, insiste sur le fait que cette réforme serait réalisée sans augmentation des dépenses publiques. Cependant, les opposants craignent que cette mixité ne creuse les inégalités d'accès aux soins, en favorisant ceux qui peuvent se permettre des services privés, même si ceux-ci sont techniquement couverts par le régime public. La région des Laurentides, où l'annonce a été faite, est particulièrement concernée par ces enjeux, en raison de sa croissance démographique et de ses besoins en infrastructures de santé.

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