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Tigré : l'Ethiopie replonge dans la violence, quatre ans après la fin du conflit qui a fait au moins 600 000 morts

France Culture - Savoirs · mis à jour 25 sept.

D'"intenses combats" ont opposé, dans la nuit de jeudi à vendredi, les forces fédérales éthiopiennes à des troupes des autorités rebelles du Tigré, dans la ville d'Abala (état voisin de l'Afar), a appris l'AFP, quelques jours après la reprise des hostilités dans le nord du pays..

Conflit en Éthiopie

L'Éthiopie connaît une résurgence de violences dans la région du Tigré, située au nord du pays. Depuis la nuit de jeudi à vendredi 25 septembre 2026, des combats intenses opposent les forces fédérales éthiopiennes, qui représentent le gouvernement central, à des troupes rebelles issues des autorités régionales du Tigré. Ces affrontements se sont déroulés notamment dans la ville d'Abala, située dans l'état voisin de l'Afar. Le réseau internet et les télécommunications sont perturbés dans le nord du pays, ce qui complique la couverture de la situation par les médias et les organisations humanitaires. Ces violences surviennent quatre ans après la signature d'un accord de paix, négocié sous l'égide de l'Union africaine, qui avait mis fin à un précédent conflit ayant causé la mort d'au moins 600 000 personnes.

Origines du conflit

Le conflit actuel trouve ses racines dans des tensions politiques et ethniques persistantes entre le gouvernement fédéral éthiopien et les autorités régionales du Tigré. Le Tigré est une région du nord de l'Éthiopie majoritairement peuplée par l'ethnie tigréenne, qui représente environ 6 % de la population du pays. Depuis plusieurs mois, les deux camps s'accusaient mutuellement de vouloir relancer les hostilités. Les combats récents ont déjà fait près de 300 morts parmi les rebelles tigréens en seulement deux jours, selon les informations rapportées par l'AFP. La reprise des violences survient dans un contexte où les relations entre Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, et Mekele, la capitale du Tigré, étaient déjà très tendues.

Acteurs et enjeux

Les principaux acteurs de ce conflit sont d'un côté le gouvernement fédéral éthiopien, dirigé par le Premier ministre Abiy Ahmed, lauréat du prix Nobel de la paix en 2019, et de l'autre les forces rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), un parti politique et militaire qui dominait la région avant le conflit de 2020-2022. L'enjeu central est le contrôle politique et administratif du Tigré, une région stratégique pour l'Éthiopie en raison de sa position géographique et de ses ressources. Les combats récents à Abala, une ville située près de la frontière entre le Tigré et l'Afar, illustrent cette lutte pour le territoire. Les perturbations des télécommunications rendent difficile l'évaluation précise de la situation humanitaire sur place.

Ce que ça pourrait changer

Les conséquences de la reprise des combats sont déjà visibles. Les perturbations des réseaux internet et de télécommunications dans le nord de l'Éthiopie compliquent l'accès à l'information et l'organisation des secours. Les combats ont également causé la mort de près de 300 rebelles en deux jours, selon les estimations rapportées par l'AFP. Cette escalade de la violence menace la stabilité de l'Éthiopie, un pays déjà fragilisé par des crises politiques et économiques. Les observateurs craignent que cette résurgence des hostilités ne conduise à une nouvelle escalade, avec des répercussions humanitaires majeures pour les populations civiles du Tigré et des régions voisines.

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