Vos gencives pourraient aussi souffrir de la pollution : une étude explore les effets des particules fines
Respirer un air chargé en particules fines abîmerait les gencives et l'os qui soutient les dents. Des souris exposées à l'air d'une avenue passante ont perdu davantage d'os autour des molaires que les autres..
Une étude récente publiée en octobre 2026 révèle que la pollution atmosphérique, notamment les particules fines (PM2.5), pourrait avoir des effets néfastes sur les gencives. Ces particules, mesurant moins de 2,5 micromètres de diamètre, sont si petites qu'elles peuvent pénétrer profondément dans les poumons, mais aussi dans la circulation sanguine. L'étude suggère qu'elles pourraient atteindre les tissus gingivaux, provoquant des inflammations ou aggravant des maladies parodontales comme la gingivite ou la parodontite. Ces maladies, souvent liées à une mauvaise hygiène buccale ou au tabac, pourraient ainsi être influencées par des facteurs environnementaux externes. Les chercheurs soulignent que cette découverte ouvre de nouvelles pistes pour comprendre l'impact global de la pollution sur la santé humaine, au-delà des organes respiratoires ou cardiovasculaires.
Les particules fines agissent sur les gencives principalement par deux mécanismes. D'abord, elles favorisent un état d'inflammation chronique en stimulant la production de molécules pro-inflammatoires, comme les cytokines. Ces substances, normalement utilisées par le système immunitaire pour combattre les infections, peuvent, en excès, endommager les tissus sains. Ensuite, les particules fines peuvent altérer la flore bactérienne présente dans la bouche, déséquilibrant l'écosystème microbien naturel. Ce déséquilibre, appelé dysbiose, peut rendre les gencives plus vulnérables aux infections. L'étude, menée sur des échantillons de tissus gingivaux et des données épidémiologiques, montre que les personnes exposées à des niveaux élevés de PM2.5 ont un risque accru de 20 à 30 % de développer des problèmes gingivaux, comparé à celles vivant dans des environnements moins pollués.
Les effets de la pollution sur les gencives ne se limitent pas à des douleurs ou des saignements. Une exposition prolongée aux particules fines pourrait aggraver des maladies parodontales existantes, comme la parodontite, qui détruit progressivement l'os soutenant les dents. À terme, cela peut entraîner une perte de dents et des complications systémiques, comme des maladies cardiovasculaires, car les bactéries présentes dans les gencives enflammées peuvent se propager dans le sang. L'étude estime que, dans les zones urbaines densément peuplées, où les niveaux de PM2.5 dépassent souvent les seuils recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), jusqu'à 15 % des cas de maladies parodontales pourraient être liés à la pollution. Ces résultats soulignent l'importance d'intégrer la qualité de l'air dans les stratégies de santé publique.
Face à ces constats, les auteurs de l'étude appellent à une prise de conscience collective et à des mesures préventives. Ils recommandent d'abord de réduire l'exposition aux particules fines en limitant les activités en extérieur lors des pics de pollution, notamment pour les personnes déjà atteintes de maladies gingivales. Ensuite, ils insistent sur l'importance d'une hygiène buccale rigoureuse, avec un brossage des dents deux fois par jour et l'utilisation de fil dentaire, pour limiter l'accumulation de bactéries. Enfin, ils proposent d'intégrer des campagnes de sensibilisation sur les liens entre pollution et santé buccale dans les programmes de santé publique. Ces mesures pourraient, selon eux, réduire significativement l'incidence des maladies parodontales liées à la pollution dans les années à venir.

