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Sommeil et montres connectées : pourquoi il ne faut pas leur faire confiance aveuglément

Presse-Citron · mis à jour il y a 13 j

Si vous êtes de ceux qui consultez votre montre connectée chaque matin pour savoir si vous avez dormi du sommeil du juste, sachez que ce n'est pas forcément une bonne idée. En réalité, elle ne le sait probablement pas mieux que vous..

Montres connectées et sommeil

Les montres connectées, comme l'Apple Watch, les Galaxy Watch de Samsung, les Pixel Watch de Google ou les modèles de Garmin, proposent des fonctionnalités avancées pour analyser le sommeil. Elles mesurent la durée des phases de sommeil, la fréquence cardiaque nocturne, la saturation en oxygène ou encore la température corporelle. Ces appareils affichent ensuite un score de sommeil et des données détaillées, donnant l’impression d’une analyse précise et fiable. Pourtant, leur utilité réelle pour évaluer la qualité du sommeil reste limitée. Les fabricants mettent en avant ces outils comme des assistants santé, mais leur fiabilité est souvent surestimée par les utilisateurs.

Fiabilité des données

Une étude publiée en août 2026 dans la revue Sleep Medicine par des chercheurs de la Duke University et de la Mayo Clinic a révélé que les données des montres connectées ne reflètent que très partiellement la perception subjective du sommeil. Selon cette étude, les appareils n’expliquent qu’entre 2,5 % et 15,2 % de la façon dont les utilisateurs perçoivent leur propre nuit. Les montres mesurent principalement la durée et la régularité du sommeil, mais pas sa qualité réelle, un critère essentiel pour les médecins. Par exemple, un bracelet Fitbit, l’un des plus répandus, concordait avec des mesures de laboratoire pour 82 % des bons dormeurs, mais seulement 39 % des insomniaques. Pour ces derniers, l’appareil ajoutait environ 30 minutes fictives à la durée totale de sommeil et surévaluait son efficacité de 8 %.

Populations concernées

Les montres connectées sont particulièrement peu fiables pour certaines populations, comme les personnes âgées ou celles souffrant de dépression. Leur perception du sommeil diverge encore davantage des données enregistrées par les appareils. Les chercheurs soulignent que ces outils ne doivent pas remplacer une évaluation subjective de la qualité du sommeil, surtout pour les personnes atteintes de troubles du sommeil. Les algorithmes utilisés par ces montres, bien que sophistiqués, ne captent pas les nuances complexes du sommeil humain, comme les réveils nocturnes ou les difficultés à s’endormir. Les auteurs de l’étude recommandent donc de ne pas leur accorder une confiance aveugle.

Recommandations des experts

Les experts de la Duke University et de la Mayo Clinic estiment que les données des montres connectées peuvent être utiles pour suivre l’évolution de la durée du sommeil sur le long terme, mais ne doivent pas être considérées comme un diagnostic fiable. Pour un suivi précis de la qualité du sommeil, ils conseillent plutôt de tenir un journal de bord des nuits, une méthode utilisée dans les centres spécialisés. Cette approche manuelle permet de noter les réveils, les difficultés à s’endormir ou les sensations au réveil, des informations que les capteurs des montres ne peuvent pas capturer. Les chercheurs rappellent que les outils validés pour évaluer la qualité du sommeil restent les questionnaires subjectifs et les examens en laboratoire.

Ce que ça pourrait changer

Les montres connectées utilisent des capteurs comme des *électrocardiogrammes (ECG)* pour mesurer la fréquence cardiaque, des capteurs de *saturation en oxygène* (mesure du taux d’oxygène dans le sang) ou des capteurs de *température corporelle* pour estimer les phases de sommeil. Cependant, ces technologies ne sont pas conçues pour évaluer la qualité subjective du sommeil. Par exemple, un capteur peut détecter une baisse de la fréquence cardiaque et en déduire un sommeil profond, mais cela ne reflète pas nécessairement la sensation de repos ou de fatigue au réveil. Les algorithmes utilisés pour analyser ces données sont souvent opaques et peuvent produire des résultats trompeurs, surtout en cas de troubles du sommeil.

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