Quatre étudiants suisses recouvrent un glacier alpin de 200 m² de laine de mouton et découvrent qu’ils ont ralenti sa fonte de plus de 50 % en 3 mois
De la laine de mouton biodégradable, posée sur un glacier des Alpes suisses pendant tout l'été 2026, aurait freiné la fonte des glaces aussi efficacement que les couvertures en plastique utilisées depuis vingt ans. The post Quatre étudiants suisses recouvrent un glacier alpin de 200 m² de laine de mouton et découvrent qu’ils ont ralenti sa fonte de plus de 50 % en 3 mois appeared first on Science et vie..
En juin 2026, quatre étudiants de l’université de Lausanne ont mené une expérience sur le glacier 3000, situé aux Diablerets en Suisse. Ils ont recouvert deux zones de 100 m² chacune avec de la laine de mouton biodégradable, fabriquée par l’entreprise locale Fisolan. Leur objectif était de tester l’efficacité de ce matériau naturel pour ralentir la fonte des glaces, comparé aux méthodes traditionnelles utilisant des bâches synthétiques. Les étudiants ont utilisé des piquets plantés dans la glace pour mesurer la perte de volume et des sacs de malt recyclés pour maintenir les couvertures en place malgré les conditions venteuses en haute montagne. Cette expérience s’inscrit dans un contexte où les glaciers suisses perdent environ 40 % de leur masse en vingt ans, avec près de mille petites formations glaciaires disparues.
Après trois mois de mesures, les résultats préliminaires ont révélé que la laine de mouton avait réduit la fonte du glacier de plus de 50 %, un résultat comparable aux bâches synthétiques traditionnelles. Contrairement à ces dernières, la laine ne libère pas de microplastiques dans l’environnement lors de sa dégradation. Les étudiants ont observé que les deux prototypes de laine, disponibles en deux épaisseurs différentes, ont résisté aux conditions extrêmes de l’été alpin sans se dégrader. Cependant, ces résultats restent préliminaires et nécessitent des analyses complémentaires dans les mois à venir pour être confirmés et affinés. La Summit Foundation, une organisation suisse engagée dans la protection des glaciers, a participé à l’évaluation des données recueillies.
Depuis les années 2000, des équipes suisses utilisent des bâches synthétiques, souvent en polyester ou polypropylène, pour protéger certains glaciers de la fonte estivale. Ces matériaux, bien qu’efficaces, posent un problème environnemental majeur : ils se dégradent avec le temps et libèrent des microplastiques dans la neige et les eaux de montagne. Ces particules finissent par rejoindre les écosystèmes et la chaîne alimentaire, posant des risques pour la biodiversité et la santé humaine. En 2025, une exposition à Vevey, intitulée Keep It Wool, a mis en lumière ces impacts négatifs, ce qui a inspiré le projet des étudiants suisses. En Suisse, jusqu’à 70 % de la laine de mouton produite chaque année est détruite faute de débouchés commerciaux, car les moutons sont principalement élevés pour leur viande et leur lait.
Malgré l’efficacité démontrée de la laine de mouton, les porteurs du projet reconnaissent que cette méthode ne suffira pas à stopper le recul des glaciers alpins. En effet, les glaciers suisses perdent environ un milliard de m³ de glace chaque année, tandis que les bâches synthétiques ne couvrent actuellement que 0,02 % de la surface glaciaire nationale et préservent seulement 300 000 m³ de neige par an. Les étudiants soulignent que la seule solution durable pour freiner la fonte des glaciers reste une réduction massive des émissions de CO₂. Les données recueillies pendant l’été 2026 au glacier 3000 feront l’objet d’analyses approfondies dans les mois suivants pour évaluer leur pertinence à plus grande échelle.

