Violences en prison / Élection régionale en Allemagne / La France peut-elle échapper à sa dette ?
Fin septembre, le gouvernement déposera le dernier budget du quinquennat, sans majorité et à quelques mois de la présidentielle. Mais dans un contexte politique et électoral aussi incertain, comment peut-on régler le problème de la dette ?.
Les prisons françaises connaissent une recrudescence des violences entre détenus et envers le personnel pénitentiaire, selon une enquête sociologique récente menée par Corentin Durand, doctorant en sociologie à l’EHESS et chargé de recherche au CNRS. Dans son ouvrage Derrière les portes de la loi - Pouvoir, droit et violence en prison (éditions du CNRS, 2026), il analyse les nouvelles formes de violence qui émergent dans les établissements pénitentiaires, souvent liées à des tensions accrues entre les règles internes et les droits des détenus. Ces violences incluent des agressions physiques, des menaces et des intimidations, mais aussi des formes plus subtiles comme le harcèlement psychologique ou l’isolement forcé. Durand souligne que ces phénomènes sont exacerbés par la surpopulation carcérale, qui atteint des niveaux records en France, avec un taux d’occupation dépassant parfois 120 % dans certaines prisons. Ces conditions favorisent les conflits et rendent le travail des surveillants plus difficile, créant un cercle vicieux de tensions. Les causes de cette situation sont multiples : manque de moyens alloués au système pénitentiaire, politique de sécurité publique qui privilégie l’incarcération plutôt que la réinsertion, et un cadre juridique parfois flou entre les missions de garde et de réhabilitation des détenus.
Les élections régionales en Allemagne, prévues à la fin septembre 2026, s’annoncent comme un scrutin historique avec une forte progression de l’Alternative für Deutschland (AfD), un parti d’extrême droite. Hélène Miard-Delacroix, professeure émérite à Sorbonne Université et spécialiste de l’Allemagne contemporaine, analyse cette dynamique dans le cadre des Enjeux internationaux sur France Culture. L’AfD, qui prône une ligne anti-immigration et eurosceptique, capitalise sur les inquiétudes liées à la crise migratoire et aux tensions sociales dans les Länder de l’Est, où son implantation est la plus forte. Selon les sondages, le parti pourrait obtenir entre 20 % et 25 % des voix, un score inédit pour un parti d’extrême droite dans l’histoire récente de l’Allemagne. Cette percée s’inscrit dans un contexte plus large de montée des populismes en Europe, mais elle est particulièrement symbolique en Allemagne, pays marqué par son passé nazi et où les partis d’extrême droite avaient été marginalisés après la Seconde Guerre mondiale. Les résultats de ces élections pourraient influencer la politique intérieure allemande, notamment sur les questions de sécurité et de coopération européenne, et avoir des répercussions sur la stabilité politique du pays.
La France s’apprête à présenter son dernier budget du quinquennat à la fin septembre 2026, dans un contexte politique et économique particulièrement tendu. La question de la dette publique, qui s’élève à plus de 110 % du PIB (soit environ 3 000 milliards d’euros), est au cœur des débats. Jézabel Couppey-Soubeyran, maîtresse de conférences en économie à l’université Paris-I et conseillère scientifique à l’Institut Veblen, et Natacha Valla, doyenne de l’École du management et de l’innovation de Sciences Po et ancienne directrice générale adjointe de la Banque centrale européenne (BCE), échangent sur les solutions possibles pour réduire cette dette sans étouffer la croissance. Plusieurs pistes sont évoquées : une hausse des recettes fiscales (notamment via la lutte contre la fraude ou la taxation des superprofits), une maîtrise stricte des dépenses publiques, ou encore des réformes structurelles comme la modernisation de l’État. Cependant, ces mesures se heurtent à des obstacles politiques, avec un gouvernement en minorité et une opposition divisée. Les expertes soulignent aussi le rôle de la BCE, qui pourrait assouplir sa politique monétaire pour faciliter le financement de la dette, mais cette option reste limitée par les règles européennes. Enfin, la France doit composer avec un environnement international incertain, marqué par des tensions commerciales et une inflation persistante, qui compliquent la gestion de sa dette.

