Concert annulé : Barbara Butch peut-elle encore mixer ?
A Amiens, une salle annule la venue de la DJ. Une association pro-palestinienne appelait au boycott de l'artiste juive.
La DJ Barbara Butch devait se produire à Amiens la semaine prochaine, mais son concert a été annulé en raison de menaces de boycott et de risques pour la sécurité. Cette décision a été prise par les organisateurs, qui invoquent un principe de réalité et des questions de sécurité. L’annulation intervient après un appel au boycott lancé par l’association France Palestine Solidarité, qui accuse Barbara Butch de soutenir Israël. Le maire d’Amiens, Frédéric Fauvet, a justifié cette décision comme étant difficile mais nécessaire pour éviter des troubles. En revanche, Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, a critiqué cette annulation, la qualifiant d’inacceptable et rappelant que le choix des artistes ne doit pas dépendre de leurs opinions ou de leur religion.
Barbara Butch est une artiste juive, lesbienne et en situation de surpoids, ce qui en fait une cible récurrente de harcèlement, d’insultes et de menaces. Elle subit des attaques antisémites, homophobes et grossophobes, provenant aussi bien de militants d’extrême droite que de militants pro-palestiniens ou de la France insoumise. Ces attaques ont commencé après sa participation à une tribune en faveur de la proposition de loi Yadan contre l’antisémitisme, une loi controversée qui a finalement été retirée. Plus tard, elle a regretté avoir signé cette tribune. Elle a également été critiquée pour s’être produite à Tel Aviv, à la résidence de l’ambassadeur de France. Barbara Butch a porté plainte contre ces attaques et dénonce l’amalgame fait entre sa personne et la politique israélienne.
L’annulation du concert de Barbara Butch soulève une question de principe : la liberté d’expression des artistes. Plusieurs personnalités politiques, dont Aurore Bergé, ministre chargée de lutter contre les discriminations, ont condamné cette annulation, rappelant qu’une artiste ne peut être déprogrammée en raison de sa religion ou de ses opinions. Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise, n’a pas pris position publiquement, contrairement à d’autres dirigeants de gauche qui ont soutenu Barbara Butch. Cet épisode rappelle celui de Grenoble en juillet 2026, où des militants pro-palestiniens avaient interrompu son concert sous les huées et les jets de bouteilles. La direction de la France insoumise avait alors condamné les violences tout en semblant comprendre la protestation contre l’artiste.
Les réactions politiques à l’annulation du concert d’Amiens illustrent les tensions autour de la liberté d’expression et du conflit israélo-palestinien. Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, a fermement critiqué l’annulation, soulignant que le choix des artistes ne doit pas être influencé par des considérations politiques ou religieuses. Aurore Bergé, ministre chargée de lutter contre les discriminations, a également dénoncé cette décision, affirmant qu’une artiste ne peut être déprogrammée parce qu’elle est juive. Ces prises de position s’inscrivent dans un débat plus large sur la censure et la liberté artistique, où les principes démocratiques sont mis à l’épreuve face à des causes militantes.
L’affaire Barbara Butch met en lumière les défis auxquels sont confrontés les artistes issus de minorités, notamment les artistes juifs, dans un contexte de tensions géopolitiques. Barbara Butch dénonce l’amalgame constant entre sa personne et la politique israélienne, soulignant qu’elle est une citoyenne française qui vote et qui a le droit de s’exprimer librement. Elle a porté plainte contre les attaques dont elle est victime, mais son combat dépasse sa situation personnelle : il s’agit de défendre la liberté d’expression et de lutter contre toutes les formes de discrimination, qu’elles soient antisémites, homophobes ou grossophobes. Ce combat, selon elle, devrait être unanime, mais il reste complexe dans un contexte de polarisation politique et sociale.

