Clés USB, smartphones… les e-dogs flairent le tantale pendant des perquisitions
Vous connaissez certainement les chiens renifleurs capables de détecter de la drogue, des armes ou de l’argent. Mais il en existe aussi pour trouver du matériel électronique, notamment des clés USB et cartes mémoires.
La gendarmerie française utilise désormais des chiens spécialement formés, appelés e-dogs (chiens électroniques), pour détecter des appareils électroniques lors de perquisitions. Ces animaux, déjà employés pour repérer des drogues, des armes ou de l’argent, sont désormais capables de flairer le tantale, un métal rare utilisé dans la fabrication de nombreux composants électroniques. Leur rôle est particulièrement utile dans les enquêtes pour pédocriminalité, où ils peuvent localiser des clés USB, des cartes mémoires, des cartes SIM ou des smartphones cachés. Leur flair permet de repérer des traces infimes d’odeur liées à ces appareils, même lorsqu’ils sont dissimulés dans des endroits insolites comme un dentier ou un meuble de salle de bain.
Le tantale est un métal lourd et résistant à la corrosion, essentiel dans l’industrie électronique. Il est utilisé pour fabriquer des condensateurs, des composants miniaturisés présents dans les smartphones, les ordinateurs, les disques durs externes et les clés USB. Son extraction est complexe et souvent associée à des conflits dans certaines régions du monde, ce qui en fait un métal stratégique. Dans l’article, le général Patrick Touak, responsable du Comcyber Mi (unité de la gendarmerie nationale spécialisée dans la cybersécurité), explique que détecter le tantale revient à détecter un appareil électronique, ce qui facilite grandement les perquisitions en évitant de négliger des preuves potentielles.
Lors des Assises de Monaco, le général Patrick Touak a partagé une anecdote illustrant l’efficacité des e-dogs. Lors d’une perquisition, un chien a marqué un arrêt devant un meuble de salle de bain chez un suspect. Les enquêteurs, ne voyant rien de suspect, ont poursuivi leur fouille. Plus tard, le maître-chien est revenu dans la même pièce et le chien a à nouveau marqué l’emplacement, insistant sur la présence d’un objet contenant du tantale. Cette perspicacité a permis de découvrir un appareil caché, démontrant la précision de ces chiens dans la localisation de preuves électroniques.
La gendarmerie nationale prévoit de déployer un chien détecteur de tantale dans chaque région de France, afin d’améliorer l’efficacité des perquisitions dans les enquêtes judiciaires. Ces *e-dogs* pourraient également être utilisés pour détecter d’autres métaux stratégiques, comme le *lithium*, présent dans les batteries des appareils électroniques. Leur formation repose sur des techniques similaires à celles utilisées pour les chiens renifleurs de drogues ou d’explosifs, mais adaptées aux odeurs spécifiques des composants électroniques. Cette innovation s’inscrit dans une démarche plus large de modernisation des outils d’enquête, combinant le flair naturel des animaux et les besoins croissants de la justice dans un monde de plus en plus numérique.

