Depuis 2022 et le début de la guerre en Ukraine, l’électrification de l’Union n’a que très peu évolué
Le taux d’électrification de l’Union s’élève à seulement 23 %, soit un chiffre similaire à celui des pays autosuffisants en hydrocarbures. L’article Depuis 2022 et le début de la guerre en Ukraine, l’électrification de l’Union n’a que très peu évolué est apparu en premier sur Le Grand Continent..
En juillet 2026, le taux d'électrification de l'Union européenne (UE) reste bloqué à 23%, un niveau similaire à celui de pays comme les États-Unis, qui sont autosuffisants en hydrocarbures. L'électrification désigne la part de l'électricité dans la consommation finale d'énergie d'un pays ou d'une région. Par exemple, si ce taux est de 23%, cela signifie que 23% de l'énergie utilisée dans l'UE provient de l'électricité, tandis que le reste provient d'autres sources comme le gaz, le pétrole ou le charbon. Ce chiffre est très inférieur à l'objectif fixé par l'UE, qui visait à atteindre 32% d'électrification d'ici 2030. Selon Fatih Birol, directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), ce faible taux freine la compétitivité et la souveraineté économique des États membres, car il maintient une forte dépendance aux combustibles fossiles importés.
Le taux d'électrification de l'UE (23%) est bien en dessous de celui d'autres grandes économies mondiales. En Chine, au Japon ou en Corée du Sud, ce taux dépasse les 30%, ce qui montre un retard significatif pour l'Europe. Par exemple, la Chine, qui mise massivement sur les énergies renouvelables et l'électrification, atteint un taux supérieur à 30%, tandis que l'Inde et les États-Unis se situent respectivement à 37% et 23%. Ce retard s'explique en partie par la structure énergétique européenne, encore très dépendante des hydrocarbures, malgré les efforts récents pour développer les énergies vertes. L'AIE souligne que ce faible taux d'électrification est un « major mistake » (erreur majeure), car il limite la transition énergétique et expose l'UE à des risques géopolitiques liés aux importations d'énergie.
Malgré le déploiement massif de nouvelles capacités de production d'énergie renouvelable depuis 2022 et l'invasion de l'Ukraine, l'UE reste très dépendante des combustibles fossiles. Ces derniers représentent encore 58% des besoins énergétiques de l'Union, selon le think tank Ember. Cela signifie que plus de la moitié de l'énergie consommée en Europe provient encore du gaz, du pétrole ou du charbon, souvent importés. À titre de comparaison, la Chine et l'Inde affichent des taux de dépendance aux fossiles bien inférieurs, respectivement de 24% et 37%. Cette dépendance limite la souveraineté énergétique de l'UE et la rend vulnérable aux fluctuations des prix sur les marchés internationaux. Les secteurs les plus concernés sont le chauffage, les transports et l'industrie, qui peinent à se convertir à l'électricité.
L'un des principaux obstacles à l'électrification en Europe est le réseau électrique lui-même. En 2026, 600 gigawatts (GW) de capacité renouvelable sont installés mais restent en attente de raccordement au réseau, tandis que seulement 85 GW ont été connectés en 2025. Le gigawatt est une unité de puissance qui équivaut à un milliard de watts. Ces retards s'expliquent par la saturation des réseaux dans certaines zones, ainsi que par la difficulté à connecter des projets solaires ou éoliens situés dans des régions isolées ou éloignées des grands centres de consommation. Ces blocages ralentissent considérablement la transition énergétique, car l'électricité produite ne peut pas être distribuée efficacement. Les États membres peinent à moderniser et étendre ces infrastructures, malgré les besoins urgents.
Face à ce constat, la Commission européenne doit présenter demain, 17 juillet 2026, un ensemble de mesures pour accélérer l'électrification de l'économie européenne. Parmi les propositions figurent la réduction des taxes sur l'électricité, des aides financières pour encourager les ménages à adopter des technologies vertes comme les pompes à chaleur ou les voitures électriques, et des mécanismes pour limiter l'écart entre le prix de l'électricité et celui du gaz. L'objectif est de faire en sorte que le coût de l'électricité ne dépasse pas 2,5 fois celui du gaz pour les ménages, et 2 fois pour l'industrie d'ici la fin de la décennie. Ces mesures visent à rendre l'électricité plus abordable et à inciter les consommateurs et les entreprises à opter pour des solutions plus propres, tout en réduisant la dépendance aux énergies fossiles.

