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Généraliste

Une rentrée à l’école des Moldus

Le Devoir · mis à jour 24 sept.

Au Québec, des milliers d’élèves n’ont pas reçu d’enveloppe volante pour les inviter à la prestigieuse école Poudlard..

École publique vs privée

L’autrice, enseignante de sciences au secondaire au Québec, compare les conditions de travail dans les écoles publiques et privées. Elle évoque l’image du Poudlard québécois pour désigner les collèges privés prestigieux, où chaque élève dispose d’un appareil numérique personnel, contrairement aux écoles publiques où les ressources sont limitées. Par exemple, dans son école, il n’y a qu’un seul photocopieur pour toute l’établissement, souvent en panne, avec un délai de réparation pouvant atteindre 10 jours ouvrables. Les écoles privées offrent ainsi un avantage matériel significatif, tandis que les écoles publiques doivent composer avec des contraintes logistiques importantes, comme un chariot de portables partagé entre collègues, dont une partie est inutilisable en raison de claviers endommagés. Ces différences illustrent les inégalités d’accès aux ressources éducatives selon le type d’école fréquenté.

Ressources limitées

L’autrice souligne les restrictions budgétaires imposées aux écoles publiques du Québec, où chaque enseignant dispose d’un quota annuel de 2 000 copies papier par élève. Par exemple, avec 180 élèves, cela représente environ une feuille par élève et par mois. Cette limitation oblige les enseignants à adapter leurs méthodes pédagogiques, souvent en privilégiant des activités nécessitant peu de matériel. À l’inverse, les écoles privées, comme celles fréquentées par les enfants de familles aisées, peuvent offrir un environnement numérique complet, où les activités sont directement envoyées aux élèves via des appareils individuels. Cette disparité de moyens crée un fossé dans les possibilités d’apprentissage entre les deux systèmes éducatifs.

Implication parentale

L’autrice observe une faible participation des parents lors des rencontres de début d’année, avec des salles presque vides dans ses classes. Elle note que cette absence de mobilisation n’est pas uniquement liée à l’engagement des familles, mais aussi au choix des programmes. Par exemple, un collègue lui explique que les parents sont plus nombreux lors des rencontres pour les programmes d’excellence, comme le Programme d’éducation internationale (PEI), suggérant que certaines familles privilégient activement certains parcours éducatifs. Cette situation interroge la notion d’école publique commune, où tous les élèves devraient avoir accès aux mêmes opportunités, indépendamment de leur quartier ou de leurs moyens financiers.

Inégalités scolaires

L’autrice aborde la question des inégalités structurelles au sein du système scolaire québécois, illustrées par l’exemple de l’école secondaire Sophie-Barat. Lors de rénovations, les élèves ont été répartis dans trois annexes, dont une construction neuve réservée au programme particulier DÉFI, tandis que les autres élèves, issus de l’enseignement public ordinaire, sont restés dans des bâtiments vétustes. Cette répartition spatiale envoie un message aux élèves sur leur place dans le système éducatif, en fonction de leur programme ou de leur origine sociale. L’autrice critique cette organisation, qui semble favoriser une forme de ségrégation scolaire, où le lieu de résidence ou la capacité à intégrer un programme spécifique détermine les opportunités éducatives disponibles.

Ce que ça pourrait changer

Face aux inégalités observées, l’autrice exprime son souhait d’un système scolaire québécois où chaque élève pourrait fréquenter une école de qualité, avec des locaux dignes, des activités accessibles et un matériel adapté. Elle compare ce rêve à un *Poudlard* québécois, mais sans les lettres d’admission magiques ni les chèques permettant d’y accéder. Elle insiste sur l’importance de garantir que le lieu de résidence, les moyens financiers des parents ou la sélection dans un programme ne déterminent pas les possibilités éducatives d’un enfant. Ce rêve s’inscrit dans un contexte politique où, à la veille des élections, des responsables comme Mme Fréchette (sans précision de son rôle dans l’article) nient l’existence d’une école à trois vitesses, malgré les exemples concrets de disparités comme celui de Sophie-Barat.

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