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Droit

Avec la mort de Gloria Steinem, c’est le visage le plus célèbre du féminisme américain qui disparaît

Nouvel Obs : Droits des femmes · mis à jour il y a 17 j

Journaliste et écrivaine, cette inlassable militante pour les droits des femmes à l’allure immédiatement reconnaissable s’est éteinte à New York le 2 septembre, après une vie de combats. Elle avait 92 ans..

Qui était Gloria Steinem

Gloria Steinem, décédée le 2 septembre 2026 à New York à l’âge de 92 ans, était une journaliste, écrivaine et militante féministe américaine. Elle est devenue une figure emblématique de la deuxième vague du féminisme aux États-Unis, un mouvement né dans les années 1960 qui a élargi la lutte pour l’égalité des droits des femmes au-delà du droit de vote, en abordant des thèmes comme l’avortement, l’égalité salariale ou la représentation politique. Steinem s’est distinguée par son style reconnaissable : lunettes Aviator, cheveux longs et pantalons ceinturés, une allure qui a contribué à forger son image d’icône. Elle a également marqué la culture populaire en apparaissant dans des séries télévisées comme The L Word ou The Good Wife, ainsi que dans Les Simpson.

Un engagement sans relâche

Gloria Steinem a consacré sa vie à la défense des droits des femmes, tant par l’écriture que par l’action militante. Elle a fondé le magazine Ms. en 1972, un titre pionnier dans la presse féministe qui a donné une voix aux femmes sur des sujets comme la violence conjugale ou l’accès à l’avortement. Steinem a aussi été une porte-parole influente lors de manifestations et de conférences, défendant notamment l’idée que le contrôle du corps des femmes était un enjeu central des luttes féministes. Son combat a dépassé les frontières américaines, inspirant des générations de militantes à travers le monde. En France, sa notoriété a connu un regain avec l’émergence du mouvement #MeToo en 2017, bien que ses textes aient été traduits tardivement dans le pays.

Une icône pop culture

Au-delà de son rôle dans les mouvements sociaux, Gloria Steinem est devenue une figure de la pop culture, c’est-à-dire une personnalité médiatisée dont l’image dépasse le cadre strict du militantisme. Son apparence et ses prises de parole ont été reprises dans des œuvres de fiction, comme la série The L Word, qui aborde la vie de femmes lesbiennes, ou The Good Wife, une série centrée sur une avocate. Steinem a également joué son propre rôle dans des fictions, renforçant son statut de symbole intemporel. Cette visibilité a contribué à faire d’elle une référence culturelle, bien au-delà des cercles féministes ou politiques.

Reconnaissance tardive en France

En France, Gloria Steinem est restée longtemps méconnue du grand public, malgré son importance aux États-Unis. Ce n’est qu’avec l’essor du mouvement #MeToo en 2017, qui a révélé des cas de harcèlement et d’agressions sexuelles dans le monde entier, que son héritage a été redécouvert. À cette époque, ses textes ont été traduits et diffusés plus largement, permettant au public francophone de mieux comprendre ses idées. Steinem a ainsi incarné, pour beaucoup, la continuité entre les combats féministes des années 1970 et les enjeux contemporains, comme l’égalité professionnelle ou la lutte contre les violences sexistes.

Ce que ça pourrait changer

La disparition de Gloria Steinem marque la fin d’une époque pour le féminisme américain, mais aussi le début d’une réflexion sur son héritage. Elle laisse derrière elle un mouvement qu’elle a contribué à façonner, avec des avancées majeures comme la légalisation de l’avortement aux États-Unis ou la reconnaissance des violences conjugales. Son influence s’étend bien au-delà des frontières américaines, inspirant des militantes dans le monde entier. Steinem a également ouvert la voie à une nouvelle génération de féministes, tout en rappelant l’importance de la visibilité médiatique dans la lutte pour l’égalité. Son image, à la fois militante et pop culture, reste un symbole de résistance et de persévérance.

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