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Culture

Le saut du temps : voir la nuit étoilée de Jean-Christophe Bailly

France Culture - Savoirs · mis à jour 27 sept.

On aimerait parfois que le mouvement se suspende pour faire image, et que l’image s’affole pour devenir mouvement. D’un livre à l’autre, le poète Jean-Christophe Bailly met en regard ces deux désirs.

Deux désirs opposés

L’article explore deux aspirations apparemment contradictoires : d’un côté, le souhait de suspendre le temps pour échapper à son flux oppressant, et de l’autre, l’envie de voir s’animer des images figées pour leur donner une seconde vie. Ces désirs ne relèvent pas d’une simple fantaisie esthétique, mais répondent à une nécessité politique. Ils permettent de résister à l’arrogance du présent en cherchant un équilibre entre immobilité et mouvement. Jean-Christophe Bailly, poète et essayiste, incarne cette quête à travers ses écrits, où il met en dialogue ces deux dynamiques.

Le livre Into the sky

Dans son dernier ouvrage, Into the sky (éditions William Blake & Co.), Jean-Christophe Bailly propose une réflexion sur la perception du temps à travers des œuvres artistiques. Il y juxtapose notamment le film Eventide de Sharon Lockhart (2022) et le tableau La Fuite en Égypte d’Adam Elsheimer (1609). Ces créations, bien que très différentes, partagent un rapport unique au temps qui passe. Bailly y explore comment une image peut capturer ou suggérer le mouvement, tout en restant ancrée dans un instant précis.

Dialogue avec Mathieu Potte-Bonneville

Pour discuter de ces thèmes, l’émission s’appuie sur l’expertise de Mathieu Potte-Bonneville, philosophe et directeur du département Culture et création du Centre Pompidou. Il apporte un éclairage sur la manière dont les œuvres d’art interagissent avec le temps, en soulignant leur dimension politique. Potte-Bonneville est également co-commissaire de l’exposition Vies minuscules au Panthéon jusqu’au 31 janvier 2027, et auteur de la bande dessinée Foucault, vies parallèles (éditions Delcourt).

Exemples d’œuvres analysées

L’article cite plusieurs œuvres emblématiques pour illustrer la réflexion de Bailly. Parmi elles, Le Très de mayo de Goya, Saint Jérôme et le lion de Vittore Carpaccio (1502), L’Yerres, pluie de Gustave Caillebotte (1875), ou encore des photographies d’hirondelles en vol par Bernard Plossu. Ces exemples montrent comment des artistes, à travers les siècles, ont cherché à représenter ou suggérer le temps, que ce soit par le mouvement ou l’immobilité. Ces œuvres servent de point de départ pour explorer la relation entre l’image et la temporalité.

Ce que ça pourrait changer

La mise en regard des images et des temporalités n’est pas neutre : elle relève d’un choix politique et philosophique. En s’arrêtant sur une image ou en l’animant mentalement, l’observateur résiste à la tyrannie de l’instant présent. Cette démarche, selon Bailly et Potte-Bonneville, permet de renouer avec une forme de beauté et de profondeur, en échappant à la superficialité du flux d’images contemporain. Elle interroge aussi notre rapport au temps, entre mémoire, histoire et projection.

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