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Vous portez une barbe ? Des scientifiques pensent avoir trouvé pourquoi l’évolution vous en a donné une

Presse-Citron · mis à jour il y a 5 j

Messieurs, si vous pensez que votre barbe vous rend plus attirants auprès de la gente féminine, sachez que ce n'est pas toujours le cas. Pour autant, elle remplit encore une fonction utilitaire, bien que celle-ci soit nettement moins vitale aujourd’hui que par le passé..

Histoire sociale de la barbe

La barbe en France a connu des périodes de popularité très variables selon les époques. Elle fut réhabilitée au XVIe siècle par François Ier après un accident au menton, puis adoptée sous l’influence des modes italiennes de la Renaissance. Au XVIIe siècle, sous Louis XIV, la cour imposa un visage glabre, privilégiant les perruques pour les aristocrates. Au XIXe siècle, la moustache devint un symbole de virilité et de prestige militaire avant de se généraliser. Au XXe siècle, l’invention du rasoir de sûreté par Gillette et la tendance métrosexuelle des années 1990 ont favorisé le rasage régulier. Ce n’est qu’à la fin des années 2000, avec l’essor du mouvement hipster, que la barbe a regagné en popularité, atteignant 40 % des Français en 2016 selon l’IFOP, contre 33 % deux ans plus tôt. Ces variations reflètent des changements culturels et sociaux plutôt que des raisons biologiques.

Théorie darwinienne remise en cause

Charles Darwin, qui portait lui-même une barbe imposante, suggérait que la pilosité faciale servait à séduire le sexe opposé, à l’instar de la queue du paon. Cependant, une étude publiée en 2012 dans la revue Behavioral Ecology a montré que des femmes de deux groupes ethniques distincts (Européennes de Nouvelle-Zélande et Polynésiennes des îles Samoa) ne jugeaient pas systématiquement les visages barbus plus attractifs que les visages rasés. Une compilation d’études publiée en 2020 dans Adaptive Human Behavior and Physiology n’a pas permis d’identifier de préférence féminine universelle pour la barbe. Ces résultats remettent en cause l’idée que la sélection naturelle aurait favorisé la barbe pour son attrait auprès des femmes.

Barbe comme outil de domination

Une étude de 2012 a révélé que la barbe joue un rôle dans l’intimidation et la domination entre hommes. Les participants, hommes et femmes, ont évalué des visages barbus et rasés selon trois critères : l’âge apparent, le statut social et l’agressivité. Dans les deux groupes ethniques étudiés, les hommes barbus étaient perçus comme plus matures, de statut social plus élevé et significativement plus menaçants lorsqu’ils exprimaient de la colère. David Puts, professeur d’anthropologie et de psychologie à l’Université d’État de Pennsylvanie, explique que la barbe accentue visuellement la largeur de la mâchoire et du bas du visage, signalant ainsi la maturité sexuelle, la force et la carrure. Selon lui, la barbe aurait été maintenue par la sélection naturelle pour son rôle dans la hiérarchie masculine, permettant aux hommes de gagner en statut et d’accéder plus facilement à la reproduction.

Statut social et reproduction

Les recherches de David Puts suggèrent que la barbe agit comme un indicateur de statut social et de dominance masculine, ce qui pourrait indirectement favoriser la reproduction. Les hommes barbus seraient perçus comme plus intimidants et plus matures, ce qui leur permettrait de mieux rivaliser avec leurs pairs et d’accroître leurs chances de se reproduire. Bien que Puts n’exclue pas totalement un rôle marginal de la barbe dans l’attirance féminine, il souligne que cet effet est bien moins marqué et plus variable selon les cultures et les époques. Ainsi, la sélection naturelle aurait favorisé la barbe non pas pour son attrait direct auprès des femmes, mais pour son utilité dans les interactions entre hommes, ce qui, en cascade, aurait pu influencer les dynamiques de reproduction.

Ce que ça pourrait changer

Les préférences individuelles pour la barbe varient considérablement selon les personnes, les cultures et les époques. Certaines femmes sont attirées par les visages rasés, d’autres par une barbe de trois jours ou une barbe longue. Ces différences s’observent même au sein d’un même continent ou d’une même décennie. Par exemple, en 2016, 40 % des Français portaient une barbe, contre 33 % deux ans plus tôt, montrant une évolution rapide des normes sociales. Cette variabilité suggère que la barbe n’a pas été sélectionnée pour son attrait universel, mais plutôt pour ses avantages dans d’autres contextes, comme la domination masculine. Elle illustre également comment les normes culturelles peuvent influencer la perception de traits biologiques.

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