Guerre du futur : la France commande en masse de nouveaux drones kamikazes
Alors que les tensions en Europe sont maximales, la France commande de nouveaux drones kamikazes, et mise sur l’automobile pour en produire en masse..
La France a passé une commande de plusieurs centaines de drones kamikazes MX-10 Damocles, développés par les entreprises françaises Delair et le groupe franco-allemand KNDS. Ces appareils, livrés dès décembre 2025 à l’armée de Terre et à la Marine nationale, sont conçus pour des missions d’attaque ciblée. Avec un poids de 3,5 kilogrammes et une envergure de 80 centimètres, ils peuvent voler pendant 40 minutes et frapper une cible située jusqu’à 10 kilomètres. Leur charge explosive de 550 grammes est principalement destinée à neutraliser des soldats ou des véhicules légers. Ces drones se distinguent par leur capacité à fonctionner sans GPS, même en cas de brouillage des signaux, et par leur possibilité d’annuler une mission en cours. La Direction générale de l’armement (DGA), organisme du ministère des Armées, supervise cette acquisition.
Les drones kamikazes jouent désormais un rôle central dans les conflits modernes, comme en témoignent les exemples récents en Ukraine et au Moyen-Orient. En Ukraine, ces engins ont permis de freiner l’avancée des troupes russes, tandis que des attaques de drones ont ciblé des infrastructures stratégiques, comme un data center appartenant à Yandex, géant russe de la technologie. Au Moyen-Orient, des drones iraniens de type Shahed ont causé des dégâts significatifs dans plusieurs pays du Golfe. Leur popularité s’explique par leur précision, leur coût réduit, leur facilité de production en masse et leur déploiement rapide. Ces caractéristiques en font des armes adaptées aux guerres hybrides et aux conflits de haute intensité.
Pour répondre à la demande croissante en drones kamikazes, le secteur de la défense collabore avec l’industrie automobile, réputée pour sa capacité à produire en série. Le groupe allemand Schaeffler, spécialisé dans les composants automobiles, a signé un accord avec Delair pour fabriquer le Damocles dans son usine française. À partir de novembre 2026, cette usine augmentera sa production de 10 à 100 drones par jour. Par ailleurs, Renault s’est associé à Turgis Gaillard pour concevoir des drones kamikazes, tandis que Forvia prévoit d’assembler en série des drones intercepteurs pour les entreprises MBDA et Alta Ares. Ces partenariats visent à accélérer la production et à répondre aux besoins urgents de l’armée française.
Cette commande massive de drones kamikazes s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, notamment en Europe où la menace russe reste une préoccupation majeure. La France accélère ainsi son arsenal pour disposer rapidement de ces « munitions téléportées », capables d’intervenir à distance avec une grande précision. L’objectif est de renforcer les capacités de défense du pays face à des menaces potentielles, tout en s’appuyant sur des technologies innovantes et des partenariats industriels stratégiques. Cette stratégie reflète une adaptation des armées modernes aux nouvelles formes de conflits, où les drones deviennent des acteurs incontournables.

