Lise Klaveness, la voix de la Norvège qui dérange au sein de la Fifa
La présidente de la Fédération norvégienne de football, Lise Klaveness, ne cesse de plaider pour plus de transparence et de démocratie au sein des instances internationales du football. Une lutte d’influence qui l’oppose au patron de la Fifa, Gianni Infantino, dans des dossiers sensibles, notamment ceux impliquant le président américain, Donald Trump..
Lise Klaveness est la présidente de la Fédération norvégienne de football (NFF) depuis 2022. À 45 ans, elle est une ancienne internationale norvégienne de football avec 73 sélections en équipe nationale. Après sa carrière sportive, elle s'est reconvertie dans le droit, travaillant notamment pour un cabinet d'avocats à Oslo. Son parcours atypique, combinant sport de haut niveau et expertise juridique, lui confère une légitimité particulière pour aborder les enjeux du football moderne. Klaveness incarne une nouvelle génération de dirigeantes dans un milieu traditionnellement masculin, où les femmes restent sous-représentées dans les instances dirigeantes. Elle milite activement pour une meilleure parité dans les postes clés du football international, soulignant que cette évolution serait bénéfique pour l'ensemble du sport.
Lise Klaveness se positionne comme une voix critique au sein de la Fédération internationale de football association (FIFA), l'organisation qui régit le football mondial. Elle y défend des valeurs comme la démocratie, la transparence et les droits humains, notamment ceux des minorités. Dès son arrivée à la tête de la NFF en 2022, elle a rapidement marqué les esprits en dénonçant publiquement les méthodes ayant conduit à l'attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar lors du congrès de la FIFA à Doha. Elle a qualifié cette attribution de manière inacceptable, critiquant notamment les conditions d'attribution et le contexte politique du pays hôte. Ces prises de position lui valent le surnom de poil à gratter au sein des instances dirigeantes, où elle incarne une approche rigoureuse et éthique, parfois en décalage avec les pratiques traditionnelles du football international.
Le 31 mars 2022, lors du congrès de la FIFA à Doha au Qatar, Lise Klaveness a prononcé un discours remarqué où elle a critiqué ouvertement l'attribution de la Coupe du monde 2022 à l'émirat. Elle a pointé du doigt les processus opaques et les manquements aux valeurs fondamentales du football, comme la transparence et le respect des droits humains. Ce discours, diffusé par la radiotélévision publique norvégienne NRK, a marqué un tournant dans sa prise de position publique. Klaveness a ainsi lancé un appel à une réforme des méthodes de décision au sein de la FIFA, mettant en lumière les contradictions entre les valeurs affichées par l'organisation et ses pratiques réelles. Son intervention a été perçue comme un acte de courage, d'autant plus que le Qatar, pays hôte, est souvent critiqué pour ses manquements en matière de droits humains et de liberté d'expression.
Lise Klaveness souligne régulièrement l'absence criante de femmes dans les postes de direction du football international. Selon elle, cette sous-représentation constitue un *grand défi* pour l'avenir du sport. Elle a confié à *A-Magasinet*, le supplément week-end du quotidien norvégien *Aftenposten*, que l'augmentation du nombre de femmes dans les instances dirigeantes serait *bon pour notre sport*. Klaveness milite pour une représentation équilibrée entre hommes et femmes, estimant que cette diversité apporterait des perspectives nouvelles et des solutions plus adaptées aux enjeux contemporains. Son combat s'inscrit dans une dynamique plus large de promotion de l'égalité de genre dans le sport, où les fédérations scandinaves, comme la NFF, jouent souvent un rôle pionnier.

