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Droit

Quelle(s) identité(s) théorique(s) pour le droit comparé ?

Univ-Droit : histoire du droit · mis à jour à l'instant

Séminaire organisé sous la direction scientifique de Jérôme Porta (Comptrasec, UB), Camille Bordère (ICREJ, UCN), et Marie Padilla (CERCCLE, UB)Lire la suite....

Un séminaire doctoral

Un séminaire doctoral intitulé Comparer en droit se tiendra les 15 et 16 octobre 2026 à l’Université de Bordeaux, dans le Pôle Juridique et Judiciaire. Ce séminaire est organisé par des doctorants et des enseignants-chercheurs en droit public et privé, affiliés à plusieurs laboratoires universitaires français comme le CERCCLE (Centre d’Études et de Recherches Comparatives sur les Constitutions, les Libertés et l’État) à Bordeaux, le COMPTRASEC (Centre de Droit Comparé du Travail et de la Sécurité Sociale) ou encore le CERCRID (Centre de Recherches Critiques sur le Droit) à Saint-Étienne. L’événement vise à explorer les enjeux théoriques du droit comparé, une discipline qui étudie les systèmes juridiques de différents pays pour en tirer des enseignements communs ou contrastés. Quatre doctorantes et un doctorant contractuels, ainsi qu’une attachée temporaire d’enseignement et de recherche (ATER), y présenteront leurs travaux sous la direction de professeurs spécialisés.

Deux jours de conférences

Le séminaire s’étend sur deux jours, avec un programme dense. Le 15 octobre 2026, à partir de 16h, les doctorants organiseront une séance de travail en salle 1K pour discuter de la pratique de la comparaison en droit. Le lendemain, à partir de 9h15, une journée complète de conférences et de débats est prévue dans l’amphithéâtre Jacques Ellul. Elle débutera par des propos institutionnels de professeurs comme Alain Pariente, directeur du département DETS (Droit, Économie, Travail et Société) à l’ILD (Institut de la Langue et des Droits), et Pauline Gervier, directrice adjointe du CERCCLE. La journée inclut deux panels : le premier, présidé par Thomas Acar, portera sur la réflexion identitaire du droit comparé avec des interventions de chercheurs internationaux comme John Bell (Université de Cambridge) ou Mark Van Hoecke (Université de Gand et Queen Mary University de Londres). Le second panel, animé par Carolina Cerda-Guzman, abordera les approches critiques et postcoloniales du droit comparé.

Panels et intervenants clés

Le premier panel, intitulé Repenser l’identité théorique du droit comparé, réunira cinq experts pour discuter de sujets variés. John Bell analysera le rôle de la culture dans le droit administratif comparé, tandis que Mark Van Hoecke interrogera l’importance du contexte dans les recherches comparatives. Jérôme Porta, professeur à l’Université de Bordeaux, présentera une communication sur les méthodes de comparaison utilisées dans les organisations supranationales, comme l’Union européenne ou l’ONU, pour gérer la diversité juridique. Marie-Claire Ponthoreau, professeure au CERCCLE, abordera quant à elle la construction de la discipline du droit comparé. Le second panel, Questionner les identités théoriques de la comparaison juridique, explorera des thèmes comme le Sudconstitutionnalisme (Carlos-Miguel Herrera), le droit du numérique (Liane Huttner) ou les résistances aux approches postcoloniales (Jonas Knetsch). Ces interventions soulignent la diversité des méthodes et des enjeux épistémologiques du droit comparé.

Enjeux disciplinaires et méthodologiques

Les débats du séminaire porteront sur des questions centrales pour le droit comparé. Par exemple, le Sudconstitutionnalisme désigne une approche qui étudie les constitutions des pays du Sud global (Afrique, Amérique latine, Asie) pour comprendre leurs spécificités juridiques et politiques, souvent négligées par les théories dominantes issues des pays occidentaux. L’approche postcoloniale, mentionnée par Jonas Knetsch, interroge la manière dont le colonialisme a influencé les systèmes juridiques et propose des méthodes pour déconstruire ces héritages. Le séminaire abordera aussi les défis liés à la comparaison sans méthode, notamment dans des domaines comme le droit du numérique, où les concepts et les pratiques varient fortement selon les cultures juridiques. Ces discussions visent à clarifier les fondements théoriques d’une discipline qui cherche à dépasser les frontières nationales.

Ce que ça pourrait changer

La journée se conclura le 16 octobre 2026 à 15h30 par une synthèse des débats, présentée par Aurélien Antoine, professeur et titulaire de la *Chaire Droit public et politique comparés* au CERCRID. Cette chaire, basée à l’Université Jean Monnet Saint-Étienne, illustre l’engagement de la recherche française dans l’étude comparative des systèmes juridiques et politiques. Les organisateurs du séminaire, Jérôme Porta, Camille Bordère et Marie Padilla, soulignent l’importance de ces échanges pour structurer une discipline encore en construction. Les discussions pourraient aboutir à des pistes pour harmoniser les méthodes ou identifier de nouvelles pistes de recherche, notamment sur des thèmes comme la gouvernance des organisations supranationales ou l’impact des cultures juridiques sur l’élaboration des lois.

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