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Culture

L'Instant poésie de François Jullien : “Soirée d'automne dans la montagne" de Wang Wei, parfaite plénitude

France Culture - Savoirs · mis à jour 6 oct.

Wang Wei (700-761) fait partie de ces grands poètes de l'ère des Tang. Sa poésie arrive à évoquer la plénitude et la complétude, sans ombrage, ni fêlure, et que seul le langage poétique chinois permet..

Wang Wei et son époque

Wang Wei (700-761) est un poète chinois majeur de la dynastie des Tang, une période s'étendant du VIIe au Xe siècle considérée comme un âge d'or de la poésie chinoise. Il était à la fois poète, peintre, calligraphe et musicien, et a réussi l'examen impérial à seulement 21 ans. Adepte du bouddhisme, il a également servi comme fonctionnaire, notamment pour féliciter l'armée des Tang en 737-738. La plupart de ses œuvres célèbrent la beauté des paysages naturels, souvent inspirés de ses ermitages dans les montagnes et près des rivières. Son style se distingue par une recherche de plénitude et d'harmonie, sans ombre ni rupture, ce qui en fait une figure centrale de la poésie chinoise.

Plénitude en poésie chinoise

François Jullien, philosophe et sinologue français, explique que la langue poétique chinoise permet d'exprimer une plénitude parfaite grâce à sa structure unique. Contrairement aux langues occidentales qui utilisent une syntaxe pour organiser les idées, le chinois fonctionne par corrélations entre les mots. Cette particularité permet au poète de rester au plus près de l'expérience sensorielle, sans avoir besoin de justifier ou d'expliquer ses impressions. Dans le poème Soirée d'automne dans la montagne, cette technique crée une impression de complétude totale, où chaque élément du paysage (montagne, lune, bambous, lotus) s'intègre naturellement dans une harmonie sans faille.

Analyse du poème

Le poème Soirée d'automne dans la montagne (山居秋暝, Shan ju qiuming) de Wang Wei décrit une scène naturelle après une pluie, où la fraîcheur de l'automne se mêle à la clarté de la lune à travers les pins. Une source brillante coule sur les rochers, tandis que les bambous bruissent sous le vent et les lotus frémissent au passage des pêcheurs. Le poète conclut en affirmant que, même si la fragrance printanière disparaissait, il choisirait ce lieu comme demeure. Ce poème illustre l'idéal taoïste et bouddhiste de fusion avec la nature, où l'homme trouve sa place dans un équilibre parfait avec son environnement.

Langue et immersion sonore

Le poème est présenté dans une version bilingue, lu en français par Hélène Lausseur et en chinois par Yilin Yang. Cette approche met en valeur la musicalité et la richesse de la langue chinoise, tout en permettant au public francophone d'accéder à sa signification. L'immersion sonore, conçue pour être écoutée avec un casque, renforce l'expérience en recréant une ambiance proche de la nature décrite. Cette dimension sensorielle est renforcée par les illustrations de Philomène Fontaine, qui accompagnent visuellement le poème sur les supports numériques de France Culture.

Ce que ça pourrait changer

Depuis septembre 2025, la série *L'Instant poésie* est adaptée en livre aux Éditions Seghers, avec 300 pages incluant les commentaires des passeurs, les poèmes sélectionnés et les illustrations. Le podcast original, diffusé sur France Culture, s'inscrit dans une collection qui vise à rendre la poésie accessible à un large public. Les références associées au poème incluent des liens vers des ressources sur la littérature chinoise, la philosophie et les arts, offrant ainsi un contexte culturel et historique plus large.

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