Après les pillages du 17 octobre, des patrons redoutent de nouvelles dégradations samedi
Quelle réponse réclamer aux autorités, à l'approche d'une nouvelle journée de mobilisation samedi ? Les organisations patronales redoutent de nouvelles dégradations.
Le 17 octobre 2026, des violences et pillages ont éclaté lors de manifestations en France, provoquant des dégradations importantes. Une nouvelle journée de mobilisation est prévue le samedi 24 octobre 2026. Les organisations patronales, représentées par des dirigeants d’entreprises, expriment leur inquiétude face au risque de nouvelles dégradations ce week-end. Ces violences surviennent dans un contexte de tensions sociales liées à des revendications économiques et éducatives, portées notamment par des étudiants, des lycéens et des membres du mouvement des Gilets jaunes. Les autorités craignent des débordements similaires à ceux du week-end précédent, où des commerces et des infrastructures ont été endommagés.
Face à ces événements, l’État a mis en place plusieurs mesures pour soutenir les entreprises et les salariés affectés. Le ministre du Travail, de l’Économie et du Commerce s’est réuni le 20 octobre 2026 à Bercy pour un conseil exceptionnel des entreprises. Parmi les dispositifs annoncés figure le chômage partiel pour les salariés, pris en charge par l’État pendant trois mois. Un fonds de soutien spécifique aux commerces et entreprises endommagées est également prévu. Ces mesures visent à limiter l’impact économique des violences sur les acteurs locaux. Cependant, les organisations patronales ne sont pas unanimes sur la manière de répondre à ces événements, certaines privilégiant des solutions strictes, d’autres des approches plus conciliantes.
Pour prévenir de nouveaux débordements, les autorités ont renforcé les dispositifs de sécurité. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé le déploiement de davantage de policiers pour le week-end du 24 octobre 2026, avec un effectif supérieur à celui du week-end précédent. Des couvre-feux partiels ont été instaurés dans plusieurs grandes villes, dont Paris, Lyon, Lille, Bordeaux et Nice. À Paris, un hélicoptère a même été mobilisé pour surveiller le centre-ville. Depuis les violences du 17 octobre, plus de 2 500 personnes ont été placées en garde à vue, selon les chiffres communiqués par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin. Ces mesures reflètent la volonté des autorités de maintenir l’ordre public tout en évitant une escalade des tensions.
Quatre enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale), la police des polices, pour faire la lumière sur des incidents graves survenus lors des manifestations. À Saint-Étienne, un jeune homme de 17 ans a perdu une main à cause d’une grenade, et il a porté plainte contre l’auteur du tir ainsi que contre Laurent Nuñez. À Mulhouse, une mineure du même âge a perdu un œil dans des circonstances similaires. À Paris, un manifestant a été blessé au crâne. Une quatrième enquête concerne le décès d’un homme dans le 10e arrondissement de Paris, probablement des suites d’un malaise. Ces investigations visent à établir les responsabilités et à éviter de nouveaux accidents lors des prochaines mobilisations.
Face aux risques de violences, des étudiants et enseignants-chercheurs proposent des alternatives pour continuer la mobilisation. À l’École normale supérieure (ENS) à Paris, des *universités populaires* sont organisées, offrant des cours ouverts à tous. Ces initiatives visent à maintenir l’engagement citoyen tout en évitant les confrontations directes avec les forces de l’ordre. Cette approche reflète une volonté de diversifier les modes d’action pour faire entendre les revendications, notamment celles liées aux conditions d’études et au coût de la vie. Ces universités populaires s’inscrivent dans une démarche de pédagogie et de dialogue, en opposition aux méthodes plus radicales observées lors des manifestations.

