Trois ans de guerre à Gaza, la solution à deux États est-elle encore possible ?
Le 7 octobre 2023, le Hamas lançait une attaque sans précédent contre Israël. 4 ans plus tard, on dénombre plus de 73 000 morts côté Palestiniens, 1 121 côté Israéliens.
Le 7 octobre 2023, le Hamas, un mouvement armé palestinien contrôlant la bande de Gaza, lance une attaque surprise contre Israël. Ce jour est désormais désigné simplement par « 7 octobre », comme le « 11 septembre » pour les attentats de 2001 aux États-Unis. L'attaque fait 1 121 morts côté israélien. En réponse, Israël engage une offensive militaire massive sur Gaza, entraînant la mort de plus de 73 000 Palestiniens en trois ans, selon les chiffres cités. La situation s'est également étendue à d'autres fronts : frappes israéliennes au Liban, tensions accrues avec l'Iran, et blocages stratégiques comme le détroit d'Ormuz et Bab el-Mandeb, des points de passage maritimes cruciaux pour le commerce mondial.
Les pertes humaines sont colossales : 73 000 morts palestiniens et 1 121 morts israéliens. Ces chiffres illustrent l'ampleur de la crise humanitaire à Gaza, où les infrastructures civiles sont largement détruites. Sur la scène internationale, Israël, initialement soutenu après l'attaque du 7 octobre, voit son isolement grandir. La reconnaissance de l'État de Palestine s'est renforcée, notamment lors de l'Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2026, où le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a souligné la fragilité du droit international. Benjamin Netanyahou, alors Premier ministre israélien, a défendu les actions militaires israéliennes en invoquant une « vulnérabilité existentielle » pour son pays.
Parallèlement à la guerre à Gaza, la colonisation israélienne en Cisjordanie se poursuit. La Cisjordanie est un territoire palestinien occupé depuis 1967, où vivent environ 3 millions de Palestiniens et 500 000 Israéliens dans des colonies jugées illégales par le droit international. Cette expansion des colonies, soutenue par des gouvernements israéliens successifs, complique davantage la perspective d'un État palestinien viable. Elle est souvent citée comme un obstacle majeur à la solution à deux États, car elle morcelle les territoires palestiniens et rend difficile la création d'un État contigu.
La solution à deux États est un projet de paix visant à créer un État palestinien indépendant aux côtés d'Israël, sur la base des frontières de 1967. Ce plan, soutenu par la communauté internationale depuis des décennies, est aujourd'hui considéré comme de plus en plus improbable. Les raisons incluent l'expansion des colonies israéliennes, la fragmentation des territoires palestiniens, et l'absence de volonté politique des deux côtés. Les experts interrogés dans l'article, comme Thomas Gomart (historien) et Bertrand Badie (politologue), soulignent que les dynamiques actuelles rendent cette solution difficilement réalisable à court terme.
La communauté internationale joue un rôle clé dans ce conflit. Les États-Unis, traditionnellement alliés d'Israël, voient leur position évoluer sous l'administration actuelle, décrite comme « insondable » par les intervenants. L'ONU, représentée par Antonio Guterres, tente de maintenir un cadre juridique international, mais son influence est limitée face aux réalités géopolitiques. L'Iran et le Hezbollah (mouvement armé libanais) sont également des acteurs régionaux majeurs, dont les actions alimentent les tensions. La France, par la voix de ses experts, insiste sur la nécessité de respecter le droit international, mais les divisions au sein du Conseil de sécurité de l'ONU compliquent toute avancée.
Dans trois semaines, Israël organise des élections législatives. Ces scrutins pourraient redéfinir la politique israélienne, notamment sur la question palestinienne. Côté palestinien, la situation est tout aussi incertaine : l'Autorité palestinienne, qui administre partiellement la Cisjordanie, est affaiblie par la guerre et la division avec le Hamas. Les Palestiniens, eux, font face à une crise humanitaire sans précédent, avec des déplacements massifs de population et une économie en ruine. Les experts s'interrogent sur la capacité des deux parties à engager des négociations crédibles dans ce contexte.
Plusieurs plans de paix ont été proposés depuis 2023, mais aucun n'a abouti. Les obstacles sont nombreux : manque de confiance entre les parties, radicalisation des positions, et absence de garanties internationales solides. Christine Ockrent, journaliste, souligne que le droit international est aujourd'hui « fragilisé », ce qui réduit les chances de voir émerger une solution négociée. Les recommandations des intervenants incluent la lecture de l'ouvrage « Les déflagrations de Gaza » de Jean-François Corty et Nava Hefetz, qui analyse les conséquences humanitaires et politiques de la guerre. La solution à deux États, autrefois perçue comme la seule issue viable, semble désormais hors de portée sans un changement radical des dynamiques en jeu.

