Marine Le Pen s'isole en prônant l'interdiction du voile islamique
Presque toute la classe politique dénonce la volonté de la candidate du RN d'interdire le voile dans l'espace public, y compris la droite de Bruno Retailleau. Le grand imam de Bordeaux Tarek Oubrou pointe un projet probablement contraire à la Constitution qui menacerait l'Etat de droit..
Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (RN) pour l'élection présidentielle de 2027, propose d'organiser un référendum pour interdire le voile islamique dans l'espace public. Cette idée, défendue par Jean-Philippe Tanguy, député RN, vise selon lui à lutter contre l'islamisme en ciblant un symbole religieux, et non une religion en elle-même. Tanguy précise que cette mesure ne s'apparenterait pas à une « chasse aux femmes voilées », mais à une interdiction de l'expression d'une idéologie politique. Cependant, cette proposition est largement rejetée par la classe politique française, y compris par la droite traditionnelle, comme Bruno Retailleau, et par le bloc central. Le RN se retrouve ainsi isolé sur ce sujet, qui devient un marqueur de fracture politique dans la campagne électorale.
La communauté musulmane et ses représentants expriment une forte opposition à cette proposition. Chems-eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris, dénonce une « stigmatisation de millions de Françaises musulmanes ». L'Union des démocrates musulmans français qualifie cette idée de « démagogique et ridicule ». Le grand imam de Bordeaux, Tarek Oubrou, va plus loin en estimant que cette interdiction pourrait être « contraire à la Constitution » et menacerait l'État de droit. Ces critiques soulignent les risques juridiques et sociaux d'une telle mesure, qui pourrait être perçue comme une atteinte aux libertés individuelles et religieuses garanties par la loi française.
Cette proposition du RN s'inscrit dans un contexte de campagne présidentielle où les questions identitaires et sécuritaires occupent une place centrale. Marine Le Pen, figure historique de l'extrême droite française, mise sur des thèmes comme l'immigration ou la laïcité pour mobiliser son électorat. Cependant, son isolement sur ce sujet montre que cette stratégie divise même au sein de la droite. Les autres candidats, comme Jean-Luc Mélenchon (LFI) ou Mathieu Pigasse (banquier de gauche), qualifient le projet de « première étape vers une police des religions » ou d'idée « ignoble ». Le RN, bien que populaire dans certains segments de l'électorat, peine à élargir son assise politique au-delà de son socle traditionnel.
En parallèle de ce débat politique, l'article mentionne d'autres sujets d'actualité. À l'occasion de la rentrée scolaire, 11,6 millions d'élèves français ont repris le chemin de l'école. Parmi les mesures phares, l'interdiction du portable au lycée est entrée en vigueur, tandis qu'une autre réforme, le port de l'uniforme à l'école, semble abandonnée. Une expérimentation dans deux collèges des Bouches-du-Rhône a montré des effets limités sur le climat scolaire, poussant les établissements à y renoncer. Par ailleurs, la CGT appelle à une « grande grève » des fonctionnaires le 29 septembre contre le projet de budget du gouvernement, jugé inacceptable par Sophie Binet, secrétaire générale du syndicat. Enfin, l'Union européenne suspend à partir du 4 septembre les importations de bœuf, volaille et miel en provenance du Brésil, en raison du non-respect des normes sanitaires européennes.

