Après l'échec de la mission de sauvetage, la NASA abandonne son télescope Swift - il retombera sur Terre cette année
La NASA abandonne le sauvetage de son observatoire Swift. Le vaisseau privé LINK, en rotation incontrôlée, ne pourra pas le rehausser.
La NASA a décidé d’abandonner son télescope spatial Swift, lancé en 2004, après l’échec d’une mission de sauvetage. Cet instrument, spécialisé dans l’observation des sursauts gamma (des explosions cosmiques extrêmement énergétiques), ne pourra plus être réparé ni contrôlé depuis la Terre. Son abandon marque la fin d’une mission scientifique majeure qui a permis d’étudier des phénomènes parmi les plus violents de l’Univers, comme les effondrements d’étoiles massives ou les fusions de trous noirs. Le télescope, d’un poids estimé à 1 470 kilogrammes, est désormais condamné à retomber sur Terre d’ici la fin de l’année 2026.
La décision de la NASA fait suite à l’impossibilité de corriger une panne technique survenue en 2025, rendant le télescope inutilisable. Les ingénieurs ont tenté de rétablir son système de contrôle d’attitude, essentiel pour orienter l’appareil vers les cibles astronomiques, mais sans succès. Ce système, comparable à un gyroscope (un appareil mesurant les mouvements de rotation), était déjà partiellement défaillant depuis plusieurs années. Sans cette fonctionnalité, Swift ne peut plus pointer avec précision vers les sources de sursauts gamma, rendant sa mission scientifique caduque. Les coûts de réparation, estimés à plusieurs dizaines de millions de dollars, ont été jugés disproportionnés par rapport à la valeur scientifique résiduelle de l’instrument.
Contrairement à certains satellites conçus pour une rentrée atmosphérique contrôlée, Swift n’a pas été équipé de systèmes permettant de guider sa chute vers une zone océanique sécurisée. Sa trajectoire actuelle le condamne à une rentrée non maîtrisée, avec un risque de dispersion de débris sur une zone géographique encore indéterminée. La NASA a calculé que la majorité des composants du télescope brûleront lors de la traversée de l’atmosphère, mais des fragments métalliques pourraient atteindre le sol. L’agence spatiale américaine affirme que le risque pour les populations est très faible, en raison de la surface réduite des débris survivants et de la probabilité qu’ils tombent en mer.
Malgré sa fin prochaine, Swift laisse derrière lui un héritage scientifique considérable. Pendant plus de 20 ans, il a détecté plus de 1 600 sursauts gamma, contribuant à des avancées majeures en astrophysique. Ces observations ont permis de mieux comprendre les mécanismes des explosions stellaires, la formation des trous noirs et même la composition de l’Univers jeune. Les données recueillies par le télescope ont également servi à des milliers de publications scientifiques. Son successeur, le télescope spatial James Webb** (lancé en 2021), prendra le relais pour étudier ces phénomènes avec une précision inégalée, bien que dans une gamme différente de longueurs d’onde.
La NASA a mené une évaluation des risques liés à la retombée de Swift, concluant que les probabilités d’un impact sur une zone habitée sont inférieures à 1 sur 10 000. L’agence spatiale suit des protocoles stricts pour minimiser les dangers, en collaboration avec des partenaires internationaux comme l’Agence spatiale européenne (ESA). Les débris les plus lourds, comme le miroir du télescope ou son châssis, devraient se consumer presque entièrement lors de la rentrée atmosphérique. Les autorités recommandent de ne pas toucher aux éventuels fragments retrouvés, en raison des risques de contamination par des matériaux toxiques résiduels, comme des traces de hydrazine (un carburant utilisé par les satellites).
L’abandon de *Swift* symbolise une période de transition pour l’exploration spatiale. Les télescopes vieillissants, comme celui-ci, sont de plus en plus remplacés par des instruments plus modernes et spécialisés, capables de fournir des données avec une résolution et une sensibilité accrues. Cette évolution reflète aussi les contraintes budgétaires croissantes de la NASA, qui doit arbitrer entre le maintien d’anciennes missions et le financement de nouveaux projets. Pour les astronomes, la perte de *Swift* représente un coup dur, mais elle ouvre la voie à des collaborations internationales renforcées, comme celles menées avec l’*ESA* ou des acteurs privés comme *SpaceX*, pour développer des outils encore plus performants.

