La Guerre d’Espagne, une guerre civile européenne 10/11 : ONU : la condamnation du régime de Franco en Espagne en 1946
En 1946, l'Assemblée générale de l'ONU débat d'une résolution du Panama condamnant le régime de Franco , instauré avec le soutien de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste. La Radiodiffusion française diffuse depuis Londres un reportage retraçant cette une séance historique..
En 1946, l’Organisation des Nations Unies (ONU) est une institution toute récente, créée en 1945 pour remplacer la Société des Nations (SDN) et éviter de nouveaux conflits mondiaux. À cette époque, la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) vient de s’achever, laissant l’Europe divisée entre les vainqueurs. L’Espagne, dirigée par le général Francisco Franco depuis la fin de la Guerre d’Espagne (1936-1939), est un régime autoritaire soutenu pendant la guerre par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste. En 1946, l’ONU débat d’une résolution proposée par le Panama visant à condamner ce régime. Le reportage de Jean Guignebert, diffusé depuis Londres où siège provisoirement l’ONU, illustre cette séance historique.
Lors de cette séance de l’ONU, les positions des pays varient fortement. Le délégué de la Tchécoslovaquie, alors encore indépendante mais sous pression soviétique, condamne sans ambiguïté le régime franquiste, le qualifiant d’illégitime et de complice des régimes fascistes. Georges Bidault, président du Gouvernement provisoire de la République Française et ministre des Affaires étrangères, exprime également une condamnation officielle, mais son discours révèle une certaine hésitation. En effet, la France, bien que critique envers Franco, se trouve dans une position délicate : elle cherche à reconstruire ses relations internationales dans un contexte de début de Guerre froide (1947-1991), où les tensions entre les États-Unis et l’URSS s’intensifient.
L’article souligne un embarras particulier des pays occidentaux, notamment de la France, envers le régime de Franco. Bien que la condamnation soit officielle, elle est teintée de nuances. Cet embarras s’explique par des intérêts géopolitiques et économiques : l’Espagne franquiste, isolée après la guerre, pourrait devenir un allié stratégique face à la montée du communisme en Europe. Franco exploite habilement cette situation en se présentant comme un rempart du Monde libre, une expression désignant les pays démocratiques opposés au bloc soviétique. Cette stratégie lui permet de gagner en légitimité internationale, malgré son passé fasciste.
La résolution condamnant le régime franquiste est adoptée par l’ONU en 1946, mais son impact reste limité. L’Espagne de Franco reste isolée sur la scène internationale, notamment en raison de son héritage fasciste et de son soutien à l’Axe pendant la Seconde Guerre mondiale. Cependant, l’embarras des démocraties occidentales ouvre la voie à une réhabilitation progressive du régime dans les années suivantes. Ce reportage de 1946, diffusé par la Radiodiffusion française depuis Londres, offre un témoignage rare de cette période charnière, où les lignes de la diplomatie internationale commencent à se redessiner avant même le début officiel de la Guerre froide.
Le reportage de **Jean Guignebert**, diffusé en 1946 par la Radiodiffusion française, est une archive sonore conservée par l’**Institut national de l’audiovisuel (INA)** et **Radio France**. Il s’agit d’un document historique précieux, car il capture les débats de l’ONU à un moment clé de l’après-guerre. Ce type de source permet de comprendre les tensions idéologiques et géopolitiques de l’époque. L’article mentionne également le podcast **Les Nuits de France Culture**, qui propose des émissions comme *On fait la paix ? De la SDN à l’ONU* pour explorer l’histoire des relations internationales.

