Guerre au Moyen-Orient : de nouveaux bombardements, des infrastructures civiles touchées
Les bombardements se poursuivent en Iran, et les alliés des États-Unis sont visés par Téhéran..
Les États-Unis ont mené pour la sixième nuit consécutive des bombardements sur l'Iran, ciblant des infrastructures militaires comme des sites de surveillance côtière, des systèmes de défense aérienne, des infrastructures logistiques et des installations maritimes. Selon l'armée américaine, ces frappes visaient à neutraliser des capacités de réponse iraniennes. En réponse, Téhéran a accusé Washington d'avoir causé des dégâts sur des infrastructures civiles dans le sud du pays, notamment sur le réseau électrique, des ponts, un port, un aéroport, des infrastructures de télécommunications et une gare. Les autorités iraniennes ont rapporté un bilan de 8 morts et 20 blessés, tandis que des images montrent un pont en feu dans la région de Bandar Khamir. Le président américain Donald Trump avait auparavant menacé de frapper ces mêmes infrastructures civiles si l'Iran ne revenait pas à la table des négociations.
Face aux frappes américaines, l'Iran a menacé de considérer toutes les infrastructures de la région comme des cibles légitimes en cas d'attaque contre ses propres infrastructures. Un porte-parole de l'armée iranienne a prévenu que si les États-Unis frappaient les ponts et centrales électriques iraniens, l'Iran riposterait en ciblant des infrastructures similaires chez ses voisins. En avril, le haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, avait rappelé que cibler des infrastructures civiles constituait un crime de guerre selon le droit international. Cette escalade des menaces illustre la dégradation rapide de la situation et le risque d'une extension du conflit au-delà des frontières iraniennes.
L'Iran a revendiqué des frappes contre des infrastructures militaires américaines et alliées dans plusieurs pays du Moyen-Orient, notamment au Koweït, en Jordanie, à Bahreïn et au Qatar. Une centrale électrique et une usine de distillation d'eau au Koweït ont été touchées, poussant les autorités à appeler la population à réduire sa consommation d'électricité en raison des températures extrêmes (48 °C au Koweït et 45 °C dans le sud-ouest de l'Iran). Au Qatar, un enfant a été blessé par des débris lors d'une attaque contre la base américaine d'Al-Udeid, où les Gardiens de la révolution iraniens affirment avoir détruit des systèmes radar et des avions militaires. Ces attaques visaient à punir les alliés des États-Unis pour leur soutien à Washington dans le conflit.
Les tensions se sont étendues à d'autres pays de la région. L'Iran a revendiqué des frappes en Syrie contre un centre de commandement des opérations spéciales américaines dans la région d'Al-Tanf, près de la frontière irakienne. Cependant, une source militaire syrienne a démenti cette information, précisant que les États-Unis avaient évacué cette base en février. L'armée iranienne a également affirmé avoir attaqué des radars américains à Oman, bien que ce pays n'ait pas confirmé ces frappes. Ces événements surviennent après une reprise des affrontements le 7 juillet, déclenchés par des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes actuelles sont les plus intenses depuis le cessez-le-feu d'avril.
Le conflit, qui a débuté le 28 février par des bombardements israélo-américains, a déjà causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et perturbe gravement l'économie mondiale. Le détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole et du gaz liquéfié mondiaux, est de nouveau partiellement verrouillé par l'Iran, ce qui a poussé les États-Unis à rétablir leur blocus des ports iraniens. Les cours du pétrole ont légèrement augmenté, avec un baril de *Brent* à 85,25 $ (+1,21 %), mais restent bien en dessous des 126 $ atteints au début du conflit. La Chine et le Pakistan, médiateur des discussions, ont appelé à la reprise des négociations, tandis que Donald Trump a réaffirmé sa volonté de dialoguer, tout en menaçant de représailles en cas d'attaques contre des navires.

