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Géopolitique

Erin Brockovich repart en croisade, cette fois-ci contre les data centers

Courrier International · mis à jour il y a 19 j

La lanceuse d’alerte américaine, célèbre pour avoir fait plier la compagnie Pacific Gas and Electric Company dans une affaire de pollution industrielle de l’eau potable en Californie dans les années 1990, reprend du service. Elle s’est lancée dans la lutte collective contre les mégacentres de données qui s’implantent un peu partout aux États-Unis.

Erin Brockovich, icône

Erin Brockovich est une militante américaine devenue une figure médiatique après son rôle central dans l’affaire de Hinkley, en Californie, en 1993. Sans formation juridique, elle a contribué à faire condamner la compagnie Pacific Gas and Electric Company (PG&E) pour avoir contaminé la nappe phréatique de la ville avec du chrome hexavalent, un polluant toxique. Le procès s’est conclu par un accord à l’amiable record de 333 millions de dollars (soit 669 millions d’euros en 2025), offrant une indemnisation aux habitants. Cette victoire a inspiré un film en 2000, où Julia Roberts incarne Brockovich. Aujourd’hui, son nom reste associé à la défense des victimes de pollution, ce qui explique pourquoi des milliers d’Américains lui envoient des témoignages sur des problèmes environnementaux.

L'appel aux témoignages

En avril 2025, Erin Brockovich lance un appel à témoignages sur son site internet, invitant les citoyens américains préoccupés par l’implantation de data centers près de chez eux à la contacter. Un data center (ou centre de données) est un bâtiment rempli de serveurs informatiques qui stockent et traitent des données numériques pour des entreprises comme Google, Amazon ou Meta. Ces infrastructures consomment d’énormes quantités d’énergie et d’eau, ce qui suscite des inquiétudes locales. En moins d’un mois, Brockovich reçoit 3 862 réponses, un nombre bien supérieur à ses attentes. Ces témoignages révèlent une montée des préoccupations liées à l’impact environnemental et social des data centers, perçus comme une nouvelle forme de pollution par les riverains.

Les data centers, nouvelle cible

Les data centers sont des infrastructures essentielles au fonctionnement d’Internet et des services numériques, mais leur expansion rapide pose plusieurs problèmes. D’abord, leur consommation énergétique est colossale : un seul centre peut utiliser autant d’électricité qu’une petite ville. Ensuite, leur refroidissement nécessite d’importantes quantités d’eau, une ressource de plus en plus rare dans certaines régions. Enfin, leur installation peut entraîner une hausse des loyers et une pression sur les ressources locales, sans toujours bénéficier aux communautés environnantes. Ces enjeux expliquent pourquoi des citoyens, comme ceux ayant contacté Brockovich, s’opposent à leur construction près de leurs lieux de vie. La militante y voit une nouvelle forme de pollution, comparable à celle de l’affaire Hinkley.

Ce que ça pourrait changer

L’article mentionne un exemple en Croatie, où la construction d’un mégacentre de données divise les habitants d’un village. Ce cas illustre un phénomène plus large : les data centers suscitent des débats dans le monde entier. D’un côté, ils sont perçus comme des moteurs de croissance économique, attirant des investissements et créant des emplois. De l’autre, ils sont critiqués pour leurs externalités négatives, comme la pollution, la surconsommation de ressources ou la gentrification. Ces tensions montrent que la question des data centers dépasse le cadre technique pour devenir un enjeu politique et social, où se croisent écologie, économie et justice environnementale.

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