Le phénomène El Niño le plus intense depuis plus de 150 ans, un météorologue prévient : « L’hiver est sur le point de changer de cap. »
Le réchauffement du Pacifique équatorial atteint des niveaux inédits, impactant les précipitations et les récoltes mondiales. Les experts s'accordent sur un super El Niño, mais l'Europe pourrait ne pas connaître un hiver doux..
Un météorologue alerte sur l’arrivée du phénomène El Niño, considéré comme le plus intense depuis plus de 150 ans. Ce phénomène naturel, qui se produit dans l’océan Pacifique, consiste en un réchauffement anormal des eaux de surface près des côtes de l’Amérique du Sud. Il influence fortement les conditions météorologiques à l’échelle mondiale. Les scientifiques estiment son intensité actuelle à un niveau comparable à celui de 1877, année où des records de température et de perturbations climatiques avaient été enregistrés. Ce phénomène cyclique, qui revient généralement tous les 2 à 7 ans, est actuellement en phase de développement et devrait atteindre son pic entre fin 2026 et début 2027.
Selon le météorologue cité, El Niño va profondément modifier le déroulement de l’hiver à venir. Ce phénomène a pour effet de dévier les courants-jets, ces vents puissants situés en haute altitude qui influencent la trajectoire des dépressions et des anticyclones. En conséquence, les régions habituellement froides pourraient connaître des températures plus douces, tandis que d’autres, normalement tempérées, pourraient subir des vagues de froid ou des précipitations inhabituelles. Par exemple, l’Europe de l’Ouest et l’Amérique du Nord pourraient connaître des hivers plus humides et doux, alors que l’Australie et l’Asie du Sud-Est pourraient faire face à des sécheresses prolongées.
Les perturbations liées à El Niño ne se limitent pas aux températures. Elles entraînent aussi des modifications des régimes de pluie, avec des risques accrus d’inondations dans certaines zones et de pénuries d’eau dans d’autres. Par exemple, les régions du sud des États-Unis pourraient subir des pluies diluviennes, tandis que l’Afrique australe et l’Amérique centrale pourraient connaître des sécheresses sévères. Ces changements pourraient avoir des répercussions sur l’agriculture, les écosystèmes et les populations locales, notamment en termes de sécurité alimentaire et de gestion des ressources en eau.
Le phénomène El Niño est directement lié aux interactions entre l’océan Pacifique et l’atmosphère. Normalement, les alizés (vents soufflant d’est en ouest) poussent les eaux chaudes vers l’Indonésie, permettant aux eaux froides de remonter le long des côtes sud-américaines. Lors d’un épisode intense, ces alizés s’affaiblissent, voire s’inversent, ce qui entraîne une accumulation d’eaux chaudes près des côtes américaines. Cette redistribution de la chaleur modifie les courants marins et les échanges thermiques entre l’océan et l’atmosphère, déclenchant ainsi des perturbations météorologiques à l’échelle planétaire.
Les météorologues et climatologues surveillent de près l’évolution de El Niño grâce à des modèles numériques et des observations satellites. Les données disponibles indiquent que ce phénomène pourrait persister jusqu’au printemps 2027, avec des effets potentiellement durables sur les saisons suivantes. Les autorités et les populations sont invitées à se préparer à des conditions météorologiques inhabituelles, notamment en adaptant les pratiques agricoles, en renforçant les systèmes de gestion des risques d’inondations et en anticipant les besoins en eau potable. Des alertes précoces pourraient être émises pour limiter les impacts négatifs.
L’intensité actuelle de *El Niño* est comparée à celle de 1997-1998, considérée comme l’un des épisodes les plus puissants du XXe siècle. À l’époque, ce phénomène avait provoqué des dégâts estimés à plus de 35 milliards de dollars et causé la mort de près de 23 000 personnes à travers le monde, principalement en raison d’inondations, de glissements de terrain et de maladies liées aux conditions sanitaires précaires. Les scientifiques soulignent que les épisodes intenses comme celui de 2026 pourraient devenir plus fréquents en raison du réchauffement climatique, amplifiant ainsi les risques pour les sociétés humaines.

