NapseflowNapseflow
Culture

Brésil : les blessures d’une démocratie : Une diplomatie à l'épreuve des pressions étrangères

France Culture - Savoirs · mis à jour 1 oct.

Porté par l'ambition de replacer le Brésil au centre du jeu diplomatique, Lula se pose en grand défenseur du multilatéralisme. Mais face au retour de Donald Trump et d’une Amérique latine à droite, Brasília cherche à préserver son influence dans cette période de fortes tensions géopolitiques..

Retour du Brésil sur la scène mondiale

Depuis son élection en 2022, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva (surnommé Lula) a relancé l’ambition du Brésil de devenir un acteur majeur sur la scène internationale. Après des années de politique étrangère centrée sur des relations bilatérales avec les États-Unis sous son prédécesseur Jair Bolsonaro, Lula a réorienté la diplomatie brésilienne vers le multilatéralisme et le droit international. Le multilatéralisme désigne une approche où plusieurs pays collaborent pour résoudre des problèmes communs, par opposition à des accords bilatéraux entre deux États. Le Brésil cherche ainsi à défendre des règles internationales, comme le respect des traités ou la coopération environnementale. Cette stratégie s’est concrétisée lors du discours de Lula à l’Assemblée générale des Nations unies le 22 septembre 2026, où il a réaffirmé son engagement en faveur d’un ordre mondial plus équilibré.

Pressions des États-Unis et de l’Amérique latine

La diplomatie brésilienne fait face à des défis majeurs en raison des changements politiques en Amérique latine et aux États-Unis. Le retour de Donald Trump à la présidence américaine en 2025 a relancé des tensions commerciales avec le Brésil, notamment sur les questions de réciprocité tarifaire. Par ailleurs, plusieurs pays d’Amérique latine ont basculé à droite ou à l’extrême droite, comme l’Argentine ou l’Équateur, ce qui crée un environnement régional moins favorable aux idées progressistes portées par Lula. Ces gouvernements conservateurs pourraient affaiblir la coopération régionale et limiter l’influence du Brésil. Face à cette situation, Brasília tente de préserver son autonomie en diversifiant ses alliances, notamment avec les pays du Sud global (Afrique, Asie, Amérique latine), mais doit composer avec un contexte géopolitique de plus en plus polarisé.

Rôle des BRICS et des Suds

Le Brésil est membre des BRICS (groupe formé par le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud), une alliance de pays émergents créée en 2009 pour promouvoir une coopération économique et politique alternative à l’Occident. En 2024, les BRICS se sont élargis à six nouveaux membres, dont l’Égypte et l’Éthiopie, ce qui a dilué l’influence relative du Brésil au sein du groupe. Malgré cela, Lula cherche à renforcer les liens avec les pays du Sud global, c’est-à-dire les nations en développement, pour contourner les pressions des grandes puissances comme les États-Unis ou l’Union européenne. Cependant, le Brésil doit aussi gérer des contradictions internes, comme son positionnement ambigu sur la guerre en Ukraine, où il tente de jouer un rôle de médiateur tout en maintenant des relations avec la Russie.

Terres rares : un enjeu stratégique

Le Brésil possède la deuxième réserve mondiale de terres rares, des minerais essentiels pour les technologies modernes (smartphones, éoliennes, batteries électriques). Pourtant, le pays n’exploite qu’une infime partie de ces ressources, en raison de retards dans la structuration d’une filière industrielle locale. Les terres rares sont actuellement exportées sous forme de matières premières, ce qui limite la valeur ajoutée pour l’économie brésilienne. Lula souhaite inverser cette tendance en développant une industrie locale capable de transformer ces minerais sur place, comme le fait la Chine, qui domine actuellement le marché avec près de 60 % de la production mondiale. Cependant, cette exploitation soulève des questions environnementales, notamment en Amazonie, où les risques de pollution et de déforestation sont élevés.

Ce que ça pourrait changer

Le Brésil mise sur sa capacité à dialoguer avec tous les acteurs internationaux pour jouer un rôle de médiateur dans les conflits, même s’il n’est pas au cœur des négociations majeures. Par exemple, Lula a tenté de faciliter des discussions sur la guerre en Ukraine ou les tensions en Haïti, sans toujours obtenir de résultats concrets. Cette approche reflète une diplomatie fondée sur la recherche de consensus, mais elle est parfois critiquée pour son manque de fermeté face aux grandes puissances. Les ambiguïtés du Brésil, comme son refus de condamner clairement la Russie dans le conflit ukrainien, ont aussi pu nuire à son image sur la scène internationale. Malgré ces défis, Lula continue de défendre une vision multilatérale, même si les bouleversements géopolitiques actuels rendent cette tâche de plus en plus complexe.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.