Pourquoi la Chine construit-elle des répliques de navires et d’avions américains en plein désert ?
Une enquête du média britannique “The Telegraph” révèle que la Chine multiplie les répliques d’équipements militaires américains et d’infrastructures taïwanaises dans le désert. Objectif : préparer ses forces à une éventuelle intervention de Washington en cas d’invasion de Taïwan..
La Chine construit des répliques grandeur nature de navires et d’avions américains, comme un destroyer ou le porte-avions USS Gerald R. Ford, dans le désert du Takla-Makan. Ces maquettes servent à simuler des scénarios de combat contre les États-Unis, notamment en cas d’invasion de Taïwan. Le désert a été choisi pour sa ressemblance avec des zones maritimes, permettant des entraînements réalistes sans mobiliser de ressources navales réelles. Ces répliques sont construites en quelques mois, comme celles réalisées au premier semestre 2026, et s’inscrivent dans une stratégie de préparation militaire face à une possible confrontation avec Washington.
Pour affiner les entraînements, la Chine a construit une voie ferrée de 37 kilomètres dans le désert du Takla-Makan. Cette infrastructure permet de déplacer les répliques de navires sur des rails, reproduisant les mouvements en mer. Les artilleurs chinois s’entraînent ainsi à cibler des cibles mobiles, comme ils le feraient lors d’un conflit réel. Cette méthode offre un avantage logistique et économique par rapport à des exercices en mer, où les coûts et les contraintes sont bien plus élevés. Les images satellites de 2025 confirment l’existence de cette voie ferrée.
Depuis 2002, la Chine recrée des bases navales américaines en grandeur nature pour s’entraîner. Parmi les exemples cités, on trouve la base de Yokosuka au Japon et celle de Su’ao à Taïwan. Ces simulations permettent aux forces chinoises de se familiariser avec les infrastructures ennemies et d’adapter leurs stratégies d’attaque ou de défense. Ces bases factices complètent les répliques de navires et d’avions, offrant un entraînement complet et réaliste.
Pour préparer des opérations terrestres, la Chine a construit des répliques de bâtiments gouvernementaux taïwanais, comme la présidence, le ministère des Affaires étrangères et des palais de justice à Taipei. Ces maquettes, réalisées à partir de 2014, permettent aux forces chinoises de s’entraîner à des assauts ou à des missions de contrôle territorial. Ces simulations visent à anticiper les défenses taïwanaises et à tester des tactiques d’infiltration ou de prise de contrôle.
La Chine revendique sa souveraineté sur Taïwan et prône la politique d’une seule Chine, qui considère l’île comme une partie intégrante du territoire chinois. En mai 2026, le président chinois Xi Jinping a évoqué avec son homologue américain Donald Trump la possibilité d’un conflit autour de Taïwan. Trump a répondu de manière énigmatique, affirmant qu’il était la seule personne à connaître la position des États-Unis. En février 2026, les États-Unis sont entrés en guerre contre l’Iran, ce qui a conduit Washington à suspendre temporairement la vente d’armes à Taïwan en mai 2026.
Les répliques de navires et d’avions américains servent à tester les nouveaux systèmes d’armes de longue portée et les technologies d’intelligence artificielle (*IA*) de l’armée chinoise. Ces outils permettent d’analyser les faiblesses des équipements ennemis et d’améliorer les stratégies de combat. L’IA joue un rôle clé dans la modernisation militaire chinoise, en automatisant certaines décisions tactiques et en optimisant les ressources. Ces préparations s’inscrivent dans une course aux armements entre la Chine et les États-Unis, deux superpuissances économiques et militaires.

