Contrairement aux idées reçues, les jeunes ont l'assiette la plus polluante mais les seniors rattrapent leur retard
Nos assiettes pèsent pour près d'un tiers des gaz à effet de serre de la planète. On accuse volontiers tel ou tel groupe, sans vraiment regarder qui émet quoi.
Une étude récente révèle que les jeunes adultes (18-34 ans) ont, en moyenne, une alimentation plus polluante que les autres tranches d'âge. Leurs habitudes alimentaires, marquées par une forte consommation de produits carnés, transformés et importés, génèrent un impact environnemental supérieur à celui des générations plus âgées. Cependant, les seniors (65 ans et plus) voient leur empreinte écologique liée à l'alimentation se rapprocher progressivement de celle des jeunes. Cette évolution s'explique notamment par l'adoption progressive de modes de consommation plus durables parmi les seniors, bien que leur consommation de viande reste élevée. L'étude souligne ainsi un changement de comportement alimentaire entre les générations, avec une tendance à la convergence des pratiques.
L'empreinte carbone de l'alimentation est mesurée en kilogrammes équivalent CO₂ (kg CO₂ eq), une unité qui permet de comparer l'impact climatique de différents aliments. Selon les données de l'étude, un jeune adulte émet en moyenne 2,5 kg CO₂ eq par jour via son alimentation, contre 2,2 kg pour les 35-64 ans et 2,1 kg pour les seniors. Les produits carnés, notamment la viande bovine, sont les principaux contributeurs à cette pollution, avec une émission moyenne de 27 kg CO₂ eq par kilogramme de bœuf produit. Les aliments transformés et les produits importés, souvent transportés par avion, amplifient également cet impact. Les seniors, bien que moins enclins à réduire leur consommation de viande, compensent partiellement par une baisse de la consommation de produits transformés.
L'étude met en lumière l'importance de l'origine géographique des aliments dans leur impact environnemental. Les produits importés, souvent transportés par avion ou bateau sur de longues distances, génèrent des émissions de CO₂ bien supérieures à celles des produits locaux. Par exemple, un kilogramme de fraises importées du Kenya émet environ 10 fois plus de CO₂ qu'un kilogramme de fraises cultivées localement en France. Les jeunes adultes, plus enclins à consommer des aliments exotiques ou des plats préparés, contribuent ainsi davantage à cette pollution liée au transport. Les seniors, en revanche, privilégient davantage les produits de saison et locaux, réduisant partiellement leur empreinte carbone.
Les habitudes alimentaires varient significativement entre les générations. Les jeunes adultes consomment davantage de viande, de produits transformés et de plats préparés, souvent associés à une empreinte carbone élevée. À l'inverse, les seniors tendent à cuisiner davantage de plats maison et à privilégier les produits frais, bien que leur consommation de viande reste élevée. L'étude note également une progression des pratiques durables chez les seniors, comme la réduction du gaspillage alimentaire ou l'achat de produits en vrac. Ces changements s'expliquent en partie par une prise de conscience accrue des enjeux environnementaux et une sensibilité accrue aux questions de santé.
L'étude révèle une tendance à la convergence des comportements alimentaires entre les générations. Si les jeunes adultes restent les plus polluants en moyenne, les seniors rattrapent progressivement leur retard grâce à des ajustements dans leurs habitudes. Cette évolution s'inscrit dans un contexte plus large de prise de conscience environnementale, où les consommateurs de tous âges cherchent à réduire leur impact. Les initiatives publiques, comme les campagnes de sensibilisation ou les incitations fiscales à l'achat de produits locaux, jouent également un rôle dans cette transformation des pratiques alimentaires.

