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Géopolitique

À bord de l’Alkor, la quête des “bombes à retardement” en mer Baltique

Courrier International · mis à jour il y a 12 j

Pendant trois semaines au printemps, un navire de recherche a longé les côtes allemandes pour évaluer la dangerosité des tonnes de munitions qui ont été déposées après guerre au fond de l’eau. “Die Welt” a participé à l’expédition et raconte la difficulté d’évaluer les risques de pollution, d’explosion voire de récupération de ces déchets toxiques..

Mission du navire Alkor

Le navire de recherche allemand Alkor quitte le port de Kiel, dans le nord de l’Allemagne, pour une mission en mer Baltique. À son bord, Aaron Beck, un scientifique, consulte des cartes et des coordonnées avant le départ. Le bateau transporte un robot de plongée capable d’explorer les fonds marins et d’y repérer des objets. Cette mission s’inscrit dans un contexte de cartographie des déchets militaires immergés, notamment des munitions et des explosifs datant des deux guerres mondiales. La mer Baltique, souvent perçue comme calme et inoffensive, abrite en réalité des vestiges dangereux, dont certains menacent de libérer leur contenu toxique dans l’environnement.

Découverte des munitions

À l’aide du robot de plongée, l’équipage de l’Alkor découvre au fond de la mer Baltique des caisses en bois et des cylindres en acier entassés. Ces objets sont en réalité des munitions : mines, bombes, obus, cartouches et torpilles, vestiges des conflits passés. Aaron Beck souligne que beaucoup de ces munitions sont dans un état de dégradation avancé, avec des enveloppes d’acier devenues poreuses. Cette porosité pourrait, à terme, permettre aux substances toxiques contenues dans ces munitions de s’échapper et de contaminer l’eau. Environ 1,6 million de tonnes de munitions sont estimées immergées dans les mers du Nord et de la Baltique, principalement dans les eaux allemandes.

Origine des déchets

Les munitions découvertes au fond de la Baltique proviennent principalement des deux guerres mondiales. Après ces conflits, des quantités massives d’armes et d’explosifs ont été jetées à la mer, soit intentionnellement, soit par manque de solutions alternatives pour leur élimination. Ces déchets, aujourd’hui rouillés et fragilisés, représentent une menace environnementale majeure. Leur présence illustre les conséquences à long terme des guerres sur les écosystèmes marins. Les scientifiques comme Aaron Beck cherchent à évaluer l’état de ces munitions pour anticiper les risques de pollution future.

Risques environnementaux

Les munitions immergées en mer Baltique posent un problème écologique sérieux. Les substances toxiques qu’elles contiennent, comme des explosifs ou des métaux lourds, peuvent s’échapper progressivement dans l’eau à mesure que les enveloppes métalliques se dégradent. Cette pollution menace la faune et la flore marines, ainsi que les activités humaines comme la pêche ou le tourisme. Les experts craignent que certaines munitions, déjà fragilisées, ne libèrent leur contenu de manière soudaine, créant des « bombes à retardement » environnementales. La mer Baltique, en raison de sa faible profondeur et de sa circulation d’eau limitée, est particulièrement vulnérable à ce type de pollution.

Ce que ça pourrait changer

Aaron Beck et son équipe jouent un rôle clé dans la détection et l’évaluation des risques liés aux munitions immergées. Leur travail consiste à cartographier ces déchets, à analyser leur état de dégradation et à identifier les zones les plus critiques. Grâce à des robots de plongée équipés de caméras et de capteurs, ils peuvent explorer les fonds marins sans risquer la vie des plongeurs. Ces missions permettent de recueillir des données essentielles pour les autorités et les scientifiques, qui pourront ensuite décider des mesures à prendre pour neutraliser ces menaces. Leur objectif est de prévenir une catastrophe environnementale avant qu’elle ne se produise.

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