Un pétrolier de la compagnie émiratie ADNOC attaqué dans le détroit d’Ormuz
Ce passage stratégique est verrouillé par l'Iran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, fin février..
Un pétrolier appartenant à la compagnie émiratie ADNOC a été attaqué vendredi soir, 14 août 2026, alors qu’il traversait le détroit d’Ormuz. Selon un communiqué de la compagnie publié le lendemain, aucun blessé n’a été signalé et la situation a été rapidement maîtrisée. ADNOC, qui est l’acronyme d’Abu Dhabi National Oil Company, est une entreprise publique des Émirats arabes unis spécialisée dans l’exploitation et le transport de pétrole et de gaz. Le détroit d’Ormuz est un passage maritime stratégique reliant le golfe Persique à l’océan Indien, emprunté par environ 20 à 30 % du pétrole mondial transporté par voie maritime. Cette attaque s’inscrit dans une série d’incidents similaires survenus ces dernières semaines dans la région.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient à la fin du mois de février 2026, le détroit d’Ormuz est sous contrôle partiel de l’Iran, un acteur clé de la région. L’Iran, qui est en conflit avec les États-Unis et Israël, a imposé un verrouillage de ce passage maritime, limitant ainsi la circulation des navires commerciaux. Parallèlement, les États-Unis ont instauré un blocus naval des ports iraniens, aggravant les tensions. Ces mesures ont pour objectif de faire pression sur l’Iran, mais elles perturbent aussi gravement le commerce international, notamment l’exportation de pétrole. Le détroit d’Ormuz est ainsi devenu un enjeu majeur dans ce conflit, avec des conséquences économiques mondiales.
Les Émirats arabes unis ont vivement réagi à cette attaque, la qualifiant d’acte de piraterie commis par le Corps des Gardiens de la révolution islamique d’Iran, une force paramilitaire iranienne. Le ministère des Affaires étrangères émirati a dénoncé une menace directe pour la stabilité régionale, la sécurité énergétique mondiale et les populations locales. Les autorités émiraties ont souligné que ces attaques ciblant des navires commerciaux constituent une violation du droit international et une tentative de chantage économique. Abou Dhabi, la capitale des Émirats, avait déjà dénoncé des attaques similaires jeudi contre deux de ses navires affiliés à ADNOC.
L’Iran a posé plusieurs conditions pour lever le verrouillage du détroit d’Ormuz. Mohammad Bagher Zolghadr, alors chef de la sécurité iranienne, a exigé la fin de la guerre et des agressions contre l’Iran et ses alliés au Liban, en Palestine, au Yémen et en Irak. Il a également réclamé la levée du blocus naval américain imposé aux ports iraniens. Ces demandes reflètent les tensions persistantes entre l’Iran et les États-Unis, ainsi que leurs alliés régionaux. La réouverture du détroit dépendrait donc d’un accord politique global, ce qui semble actuellement peu probable dans le contexte de guerre en cours.
Les attaques répétées dans le détroit d’Ormuz ont déjà eu des conséquences graves sur le trafic maritime. Selon des rapports, le trafic dans cette zone est au plus bas depuis une semaine, ce qui perturbe les chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment pour le pétrole. Le détroit est une artère vitale pour l’exportation de pétrole en provenance du golfe Persique, et toute restriction à son accès peut entraîner des hausses de prix de l’énergie et des pénuries dans certains pays. Les médiateurs internationaux appellent les deux camps à revenir à un cessez-le-feu conclu en avril 2026, mais les tensions actuelles rendent cette perspective incertaine.

