« Première mondiale » : la Corée du Sud vient peut-être de révolutionner le recyclage du plastique grâce à une torche à plus de 2000°C
La Corée du Sud innove avec une torche à plasma qui pourrait transformer le recyclage du plastique en une industrie plus écologique et durable..
La Corée du Sud a développé une technologie de recyclage du plastique présentée comme une première mondiale. Cette innovation repose sur l'utilisation d'une torche plasma capable de chauffer à plus de 2000°C. Contrairement aux méthodes classiques qui fondent ou broient le plastique, cette technique le décompose à l'échelle moléculaire. L'objectif est de transformer les déchets plastiques en gaz ou en matériaux réutilisables, réduisant ainsi leur impact environnemental. Cette avancée pourrait représenter une solution majeure face à la crise mondiale des déchets plastiques, estimés à 400 millions de tonnes produites chaque année dans le monde.
La torche plasma fonctionne en ionisant un gaz (comme l'argon) pour créer un plasma à très haute température, dépassant les 2000°C. Ce plasma, plus chaud que la surface du Soleil, casse les liaisons chimiques des molécules de plastique. Les déchets sont ainsi réduits en leurs composants de base, comme le syngaz (un mélange de monoxyde de carbone et d'hydrogène), qui peut être réutilisé pour produire de nouveaux matériaux ou de l'énergie. Cette méthode évite la formation de microplastiques ou de polluants toxiques, contrairement à l'incinération classique. Le processus est également plus efficace énergétiquement que les techniques de recyclage mécanique actuelles.
Cette technologie pourrait résoudre plusieurs problèmes liés au recyclage du plastique. D'abord, elle permet de traiter des plastiques mélangés ou souillés, qui sont souvent impossibles à recycler avec les méthodes traditionnelles. Ensuite, elle réduit les émissions de CO₂ par rapport à l'incinération, car le syngaz produit peut être capturé et réutilisé. Enfin, elle limite la pollution des sols et des océans, puisque les déchets plastiques sont détruits plutôt que stockés ou enfouis. Selon les chercheurs sud-coréens, cette méthode pourrait diviser par dix le volume de déchets plastiques non recyclés dans le pays d'ici 2030.
Cette innovation a été développée par des chercheurs sud-coréens, dont les travaux ont été publiés en septembre 2026. La Corée du Sud, qui produit environ 3,5 millions de tonnes de déchets plastiques par an, cherche à réduire sa dépendance aux décharges et à l'incinération. Le gouvernement sud-coréen soutient activement cette technologie, avec un budget de 50 millions d'euros alloué pour les trois prochaines années. Si les tests en conditions réelles sont concluants, cette méthode pourrait être déployée à grande échelle d'ici 2028, avant une possible exportation vers d'autres pays confrontés à la même problématique.
Malgré son potentiel, cette technologie doit encore surmonter plusieurs obstacles. D'abord, son coût énergétique reste élevé, même si les chercheurs promettent une optimisation du processus. Ensuite, l'acceptation sociale et réglementaire doit être obtenue, notamment pour les installations de traitement qui pourraient susciter des craintes locales. Enfin, la scalabilité du projet doit être prouvée : les prototypes actuels traitent seulement quelques kilogrammes de plastique par heure, alors qu'il faudrait des unités capables de gérer des tonnes pour répondre aux besoins industriels. Des partenariats avec des entreprises spécialisées dans le traitement des déchets seront essentiels pour industrialiser cette solution.

